Désolé, je vais plomber l'ambiance, mais j'ai besoin de partager mes pensées, là tout de suite... et à qui en parler ?
C'est la première fois que je vis ça avec un de mes textes. Je sais que ça ira mieux demain. Je sais qu'il y a une part de fatigue. il est 23h, et j'ai parfois des petits coups de cafard...
Si ça se trouve demain je me dirai que j'ai été un peu con, que j'ai sur-réagi.
Peut-être.
Je sais que demain ça ira mieux.
Mais je sais que là, tout de suite, il faut que j'écrive ce que ça m'a fait.
J'ai plusieurs passages qui m'ont fait pleurer, et qui me font toujours pleurer. Ça je pense que c'est tout à fait normal. On s'investit dans nos textes, on met une part de nous ou de ceux qui nous entourent dans certains personnages, et puis on s'attache à nos personnages.
Mais...
Il vous est surement déjà arrivé d'avoir une idée dramatique géniale. De vous dire :
"putain mais c'est exactement ce qu'il faut !" (avec ou sans le putain d'ailleurs ^^)
Vous savez ? Cette excitation d'avoir trouvé exactement le bon moment dans l'histoire, exactement la bonne manière de l'amener, comme si le ou les personnages n'avaient trouvé vie que pour cet instant précis...
Mais...
Lorsque vous écrivez les mots... lorsque vous vous rendez compte de ce que ça implique réellement, pour les personnages, pour l'histoire.
Lorsque vous réalisez... l'horreur de ce que vous trouviez génial quelques minutes plus tôt...
Vous avez déjà ressenti cette envie d'arrêter d'écrire?
De vouloir fermer les yeux et oublier ?
Mais vous ne pouvez pas...
Parce que ça ne peut pas se passer autrement.
Là tout de suite je crois que je me déteste un peu. Et je sais que c'est idiot, ce n'est qu'une histoire, ce sont des personnages fictifs.
Mais...
Parfois c'est un peu plus que ça, et parfois ça fait écho quelque part en nous. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on aime lire et écrire.
Est-ce que vous vous êtes déjà dit :
"Honnêtement, j'aurai aimé n'avoir jamais eu cette idée."
Jamais.