Nous sommes tous des moutons ! Et moi j’ai la plus grosse fourrure !
Les gens pensent souvent que je suis bien doué, bien respectueux et bien travailleur mais ils se trompent. Je ne suis que bien aliéné. Prisonnier du confort, de l’habitude, du nombre et du regard des autres.
C’est comme cette histoire de l’éléphant : enfant, on lui noue une cordelette à la patte et il est incapable de se libérer. Ensuite, c’est en grandissant qu’il intègre cette situation et ne souhaite même plus la liberté, alors qu’il pourrait sans problème s’enfuir.
Tous les enfants se jurent « J’ai hâte d’être adulte : je serais libre ». Mais le temps qu’ils grandissent, il est déjà trop tard ! Je suis le pire de ceux-là. Je suis de ceux qui voient qu’ils sont emprisonnés, mais je suis de ceux qui n’agissent pourtant pas. De ceux que ça tiraille. De ceux qui disent « dans 5 ou 10 ans, j’abandonnerais la tranquillité et je vivrais pleinement ».
Mais avouez : nous mentons.
Oui nous mentons ! C’est ici que nait le déni ! Evidemment, c’est plus facile à vivre, c’est le mensonge par facilité, ou des excuses pour avoir bonne conscience. Mais moi j’appelle ça le déni pur.
Parce que la vie, c’est pas dans le futur. La vie c’est maintenant qu’il faut la vivre.
Facile à dire …
On s’en fout du regard des autres, on s’en fout des conventions, de bien parler, ou de réviser l’histoire géo qu’on auras oublié dans 3 semaines. On s’en fout de toute ses choses superflues ! Alors pourquoi ? Pourquoi suis-je seulement capable de voir la cordelette à ma patte sans avoir l’audace de la déchirer ?
On a la rage au ventre. La rage de vivre. Alors pourquoi attendre ?
En fait, comme tout le monde, je ne suis qu’un mouton.
Seulement, je suis un mouton qui reconnait qu’il en est un : mais c’est tout.