j’arrive pas à croire que je vais mieux.
c’est lunaire, incompréhensible.
comment est-ce que la douleur peut-elle être si forte puis 3 mois plus tard… inexistante?
3 ou 4, ou 5…
aucun d’eux ne semble avoir exister et moi… et moi je semble avoir encore changé, tout en restant la même. comme s… comme si j’étais constamment traversée. traversée par les émotions, les éléments, les autres.
je prends leur forme, leur couleur, leur odeur et… puis quand il n’y plus rien, alors je redeviens page blanche.
page blanche sereine, page blanche angoissée, angoissante.
comment puis-je me sentir si confortable après avoir été tant blessée? suis-je désormais habituée à la douleur? a-t-elle finalement fané? fini par céder et me laisser tranquille, s’en aller ?
je n’ai aucune réponse. je sais simplement que l’incertitude et le doute ont un jour laissé place à la certitude et la raison, puis la peur, puis l’angoisse, la frayeur et à un moment seul la tristesse est restée. elle a dominé, rejointe par la manque, la douleur, et ô quelle douleur. douleur insatiable et invariable, impossible à calmer, bornée.
la douleur est restée. elle s’est accrochée. parfois chronique, parfois… surprenante par son caractère intempestif soudain. elle me prenait parfois en otage, parfois par surprise.
puis elle m’a habitué à sa présence et dès lors je n’étais plus que sa chose. son objet, elle me malmenait comme bon lui semblait. seulement… voilà. À un moment, elle aussi a fini par partir, laissant découvrir incertitude qui était restée cachée, tapie derrière elle durant tout ce temps, et doute, et insécurité. jalousie et possessivité se sont rajoutées sans trop savoir ni comprendre ce qu’elles faisaient là et puis….