Bonjour,
J'ai parfois l'impression que, pour les pouvoirs publics, le handicap s'arrête le jour de nos 18 ans. Pourtant, notre handicap, lui, ne disparaît pas. Il est toujours là, chaque jour de notre vie.
Pendant notre scolarité, nous sommes accompagnés, orientés et suivis. Puis, une fois les études terminées, tout change. D'un seul coup, nous devons nous débrouiller dans un système où les démarches s'accumulent, où les réponses tardent à arriver et où les années passent sans perspective. Comme si, une fois devenus adultes, nous n'avions plus besoin d'aide.
Le plus douloureux, c'est la recherche d'emploi. Nous envoyons des candidatures, nous passons des entretiens, nous faisons des efforts pour prouver notre motivation, mais les portes restent souvent fermées. Et quand le milieu ordinaire n'est finalement pas adapté, il faut parfois attendre des années avant qu'on nous le dise. Puis viennent encore des mois, voire des années d'attente, pour accéder à un ESAT ou à une autre solution adaptée.
Combien de temps devons-nous encore attendre pour avoir le droit de travailler ? Combien de vies sont mises entre parenthèses à cause de procédures trop longues et de places insuffisantes ?
Nous ne demandons ni privilèges ni passe-droits. Nous demandons simplement le droit de construire notre vie, de travailler, d'être utiles à la société et d'avoir la même dignité que n'importe quel citoyen.
Le handicap ne s'arrête pas à 18 ans. Alors pourquoi l'accompagnement, lui, semble-t-il s'arrêter au moment où nous en avons le plus besoin ? Derrière chaque dossier en attente, il y a une personne, un projet de vie, des rêves et parfois des années perdues. Il est temps que l'on cesse de considérer les adultes en situation de handicap comme des personnes qu'on peut faire patienter indéfiniment. Nous existons, nous avons des compétences, de la motivation et l'envie de contribuer à la société. Donnez-nous simplement les moyens de le faire.