Depuis dix heures ce matin, la maison est étrangement silencieuse.
Il y a dix jours, nous fêtions les dix ans de l’adoption de notre chienne, Cannelle. Puis, en quelques jours seulement, tout a basculé : un diagnostic de leucémie, une dégradation fulgurante… et aujourd’hui, elle est partie.
Même lorsqu’on sait qu’un chien vieillit, on n’est jamais vraiment préparé à une évolution aussi soudaine.
Hier, une dame s’est permis de nous dire : « Ce n’est qu’un chien. »
Non. Perdre un animal avec qui l’on a vécu dix ans, ce n’est pas « juste perdre un chien ». C’est perdre une présence quotidienne, des habitudes, des regards, des petits rituels. C’est rentrer chez soi et sentir que quelque chose a changé, sans savoir l’expliquer autrement que par un silence inhabituel.
L’histoire de Cannelle est d’autant plus difficile qu’il n’y a pas seulement le deuil. Il y a aussi ce sentiment que, pendant des mois, quelque chose de grave était peut-être en train de se passer sans que nous le sachions.
Depuis janvier, elle enchaînait les problèmes de santé. À chaque consultation, on nous répondait que ce n’était « rien de grave », que c’était inflammatoire. Puis, il y a quelques jours, le diagnostic est tombé : une leucémie… déjà en phase terminale.
À partir de cet instant, tout prend un autre sens. On repense aux mois écoulés et l’on se dit : « C’était donc ça depuis le début. »
C’est une pensée qui revient souvent lorsqu’un diagnostic est posé tardivement. Et c’est une pensée particulièrement difficile à porter.
Aujourd’hui, je n’avais pas la force d’écrire. Mais j’avais besoin de vous expliquer pourquoi.
Prenez soin de ceux que vous aimez, qu’ils aient deux jambes… ou quatre.