L’amour habite le corps comme une lumière fragile.
Il entre sans frapper, glisse entre les côtes, s’installe au creux du souffle.
Il fait battre le cœur plus fort, comme si chaque battement appelait le nom de l’autre.
Alors tout devient plus vif : la peau frissonne au souvenir d’un toucher,
les lèvres tremblent à la mémoire d’un mot,
et dans les yeux, le monde semble un peu plus vaste.
Mais l’amour sait aussi blesser avec une douceur cruelle.
Quand il s’éloigne, le corps se vide lentement,
comme un ciel après la pluie.
Le cœur devient lourd, les gestes hésitent,
et le silence pèse sur la poitrine comme une main invisible.
On cherche encore le souffle de l’autre dans l’air,
un parfum qui s’efface, un écho qui s’éteint.
Pourtant, dans cette douleur, il y a une forme de beauté
celle d’avoir ressenti jusqu’à la moelle,
d’avoir laissé le feu traverser la chair sans la consumer.
Le corps finit par se souvenir autrement :
non plus de l’absence, mais de la lumière qui fut.
Et dans ce souvenir, quelque chose se répare, doucement.
Car aimer, même quand tout s’éteint,
c’est encore une manière de vivre.