Chère Nana ,
selon la coutume que j'imposerais lorsque, dans une quarantaine d'années, je serais présidente de la république française, je vous écris une lettre. À vous, ma chère, à qui j'aimerais confier des mots qui dépassent, parfois, ce que ma langue natale peut exprimer.
Qui dépasse ce que, parfois, je ne réussis moi-même pas à expliquer. L'amour ressenti à votre égard à la vue de vos beaux yeux de printemps ne fait que grandir depuis que mes propres billes – mes pauvres billes, bienheureuses de votre vision – ont rencontré votre photo si merveilleusement prise. C'est avec respect – et l'arrogance d'une jeune âme qui croit encore en la couardise de jolies lettres en tant que déclaration – que je m'agenouille, bien que seulement virtuellement, à vos pieds.
C'est avec respect, aussi, que je vous demande, si vous l'acceptez, de bien vouloir prendre cette déclaration comme elle me vient, légèrement décalée par rapport à notre temps si pressé, la rudesse exagérée de celui-ci. Votre délicatesse légendaire ne me permet malheureusement pas de vous égaler, et seuls vos propres mots ne sauraient faire vibrer mon cœur comme cette déclaration, je l'espère, fera vibrer le vôtre.
Comme un café trop chauffé, un thé trop peu infusé ou une larme salée dans la bouche, mes sentiments manque de douceur lorsque je tente de vous les exprimer. J'espère cependant, sincèrement, que, de par votre grande générosité, connu de l'Ouest à l'Est, du Sud au Nord, des pays civilisés au grandes montagnes vides, vous saurez répondre à l'amour que je vous portes ; non pas d'une façon romantique démodée, mais bien de celle qui fait tomber les échelles et pousser les jardins, un amour qui, sans réel case, peut se nommer amitié.
navira. <3