Assis sur des chaises de camping au milieu de ce qu'on appellera un jour "chez nous", on mange nos sandwichs en silence. Les bras fourbus, les genoux trempés, le froid qui se ramène à la fête. La moitié de la journée, puisqu'on à prévu de rester là tant que la lumière est suffisante. La musique dans l'enceinte, pour se motiver, a cessé son action bénéfique quelques heures après ce repas frugal. Rien n'est plus utile, rien au monde ne saurait remotiver ceux qui ne pensent plus qu'à rentrer à la maison, la vraie, celle où ils ont encore un lit et où les meubles sont remplacés par des cartons de jour en jour. Oui, rentrer, manger, canapé, série télé, dormir. Rien à se dire. "T'as fait quoi aujourd'hui ?" Bah la même chose que toi, lessiver des murs, laver des radiateurs, charger la voiture pour la déchetterie. "Et tu fais quoi demain ?" La même. Réveil, préparation express, puis les dix minutes de rajet de la maison où l'on vit à celle où l'on va vivre. Le timing toujours serré. "Dans un mois, ce sera moins speed". Oui, c'est vrai. En attendant, chaque heure passé au sec est un cadeau. C'est ça le pire. L'eau, et le froid qui vient avec.
(Ceci ne décrit pas la réalité de mon déménagement. En vrai, ça va. Ce qui est dit là est vrai, mais y'a pas que du négatif. Juste la fatigue prend le dessus au moment où j'écris ça alors forcément, tout est nul.)
(Et vous ça va ?)