CHAPITRE 7

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CHAPITRE 7: VENUS

Lucie

Affreux. C'était jeudi. J'ai ressassé toute la journée les paroles de Toto Wolff, elles n'ont pas arrêté de défiler dans ma tête en boucle.

"Ce n'est pas un âge où l'on peut gérer la pression et la responsabilité de ce métier."

Je n'ai pas l'âge, je suis une étrangère dans ce monde. Putain, mais qu'est ce que je fais ici? Il n'a fallu qu'une phrase de Mr Wolff pour me déstabiliser. Une seule. Et j'ai l'impression que tout s'effondre autour de moi. Je vois les choses différemment, on me dévisage, on ne me sourit pas. Pourquoi est-ce que je n'avais pas vu ça auparavant? Pourquoi est-ce que mes collègues me lancent des regards de travers?

Trois heures. J'ai dormi trois heures entre jeudi et vendredi. Et le jour suivant s'est avéré encore plus dur. Je n'étais pas de bonne humeur. Je n'avais pas dormi. Et les journalistes me sautaient dessus.

J'ai cru que mon cœur allait arrêter de battre. Tout autour de moi devenait oppressant. Mais peut-être que j'étais juste de trop? Pas à ma place comme l'a entendu le directeur de Mercedes.

Épouvantable. C'était donc vendredi. Toute la réalité m'est retombée dessus. Toutes les vérités que je n'ai pas voulu écouter, je leur ai fait face.

J'ai tenu. Tenu pour les autres, pour mon équipe, pour ma deuxième famille? Je ne voulais pas que les gens me voient faible, qu'ils remarquent que les mots durs de Mr Wolff m'avaient touchés. Mais ma tête était encore ailleurs.

Lorsque je m'avachis sur mon lit, je me mets à fixer le plafond. Cette journée était épouvantable, à oublier. Mon moral est à zéro et je n'ai même pas la force de prendre une douche ou de me commander à manger. Je veux juste dormir pour oublier.

Mon téléphone sonne mais je n'ai même pas la force de l'agripper. Alors je le laisse bipper. Mais quand la personne me rappelle une deuxième fois, je me force à répondre. Et je suis contente d'avoir décrocher parce que c'est mon père. Pourtant, je ne veux pas qu'il me voit dans cet état.

-Coucou loulou, comment vas-tu? me demande-t-il en m'appelant par mon surnom.

Mon cœur se réchauffe, seul un mot de sa part peut me redonner le sourire. Son amour me suffit et il arrange toujours tout. C'est la seule chose qui compte.

Ma gorge reste pour autant nouée parce que je suis au bord des larmes depuis hier. Et je n'ai pas encore craqué.

-Lucie? dit mon père d'une voix inquiète.

Je bafouille un bonjour avant d'essuyer la larme qui pend à mon œil.

-Quelque chose me dit que ça ne va pas...Raconte moi tout, ma fille.

Mon cœur me hurle de me lâcher, d'exploser et de dire tout ce que j'ai sur le cœur alors je le laisse faire parce que ça me fait un bien énorme. De mettre des mots sur la douleur. Et mon père m'écoute pendant un certain temps, il ne dit rien tant que je n'ai pas terminé. J'aimerais tellement qu'il soit là...Il me manque et ça fait plus de trois mois que je ne l'ai pas vu. Je sais que s'il avait été là, il m'aurait pris dans ses bras. Et sa chaleur corporelle m'aurait réconforté.

Mais aujourd'hui, ce ne sont que ses mots qui apaiseront ma peine. Et lorsque j'ai fini mon monologue, il prend la parole.

-Lucie, ce métier, tu en rêves depuis que tu as trois ans. Je me rappelle encore quand tu m'as dit que tu voulais être à la télé à la place des ingénieurs. Tu t'en ai fait la promesse, tu t'en rappelles?

Oui. Comme si c'était hier. C'était ma première promesse, et je l'ai réalisée.

-Tu as tenu ta promesse. Pas en un claquement de doigt. Mais avec des années de travail acharnées. Tu n'avais que cet objectif en tête, travailler en Formule 1. Et qu'est ce que tu fais aujourd'hui? Tu réalises ton rêve. Tu n'as jamais baissé les bras malgré tous les obstacles que tu as dû affronter, ce n'est pas maintenant que tu vas le faire, si? Pas après tous ses efforts de ta part pour y arriver. Pas à cause de quelqu'un d'autre. Tu ne vas pas laisser les autres choisir pour toi, tu ne vas pas les laisser prendre ton destin en main, t'arracher ton rêve...Parce que personne n'a son mot à dire, c'est ton rêve, ta promesse, ton objectif, ta vie.

Sur la piste // Lando Norris (Réécriture)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant