Nous

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Toi, moi, juste nous deux sous le soleil. Ce n'était pas parfait, ce n'était pas grandiose, mais au moins tu étais là, avec moi. On avait besoin de rien, rien d'autre que de l'autre, on avait peur de rien, rien d'autre que de perdre l'autre.

Mais quand on y repense, cette peur nous poussait à être meilleure envers l'autre, à être bon pour l'autre, et c'est quand cette peur se dissipa que tout commença à tourner au cauchemar.

Lorsque je n'étais plus là pour toi et lorsque tu n'étais plus là pour moi, chacune de nous deux, l'une contre l'autre.

Toi et moi, nous ne pouvions plus nous supporter, mais dans notre solitude il ne restait plus que nous, alors puisque nous étions dans l'incapacité de survivre seules nous avons continuées à essayer de nous supportées.

On a continué comme cela, à soutenir le poids de l'autre, minutes après minutes, heures après heures et jours après jours. Cela pendant des semaines et des semaines, peut-être des mois ou des années. Luttant contre l'envie irrépressible de jeter l'autre le plus loin que possible et courir pour ne plus jamais la revoir.
Mais où que nous mènent nos pas, nous finirons toujours par nous retrouver.

Nous nous battrons, nous nous déchirerons et nous affirmeront que la flamme qui brillait autre fois dans nos yeux était à présent, emplis de haine et d'animosité, alors qu'au fond dans nos entrailles chaque mots, chaque coups lancés à l'autre, nous fait souffrir comme si on les recevait.

Chaque fois que je te voyais j'espérai pouvoir revenir à l'époque de nos premières fois. Et chaque fois que tu ouvrais la bouche, je voulais t'empêcher de dire le moindre mot, car j'avais déjà perdu l'espoir qu'un jour des mots doux et attentionnés ne glissent de tes lèvres.

Et malgré tout, chaque fois que je fermais les yeux, je nous voyais, toi et moi, sous le soleil. Main dans la main, tu me faisais rire et mon sourire faisait naître le tien. Que de jours heureux et de soleils radieux qui brillaient sur nos lèvres. Qu'il pleuve ou qu'il vente, notre amour éblouissait notre monde.

Les souvenirs de ses beaux jours nous faisait pleurer la nuit et la haine de l'autre causée par la disparition de ces beaux jours nous faisait nous hurlait dessus chaque matins.

Chaque jours, un peu plus, nous pensions à la fin. Mais notre amour commun nous empêchait de passer le cap.
Je me disais que si tu commençais à ne plus répondre à mes piques, cela voudrait dire que tu as abandonnée. Que tu nous as abandonnées. Que tu m'as laissée tomber. Et que pour toi il n'y a plus aucun moyen de nous rabibocher. Et la réciproque était vraie pour toi aussi, mais je ne le savais pas.

Alors sans s'en rendre compte la petite étincelle d'espoir qui brillait quelque part au fond de nous, continuait à briller faiblement, prête à s'éteindre plus qu'à rallumer notre flamme. Dans chaque querelles, dans chaque regards assassins, dans chaque coups bas, je te donnais toute ma haine pour exprimer tout l'amour qu'il me restait à ton égard, et sans que je n'en sache rien, tu faisais de même.

Mais bien vite, notre temps s'était écoulé et l'espoir se dissipait, et moi, beaucoup moins courageuse et forte que toi, je me suis épuisée et j'ai perdu mon étincelle d'espoir. Petit à petit j'ai commencé à arrêter, de répondre à tes piques, j'ai commencé à arrêter d'essayer de te rendre la vie dure, et j'ai même arrêté de te regarder.

Mais je voyais que ça te poussait au désespoir, et que tu essayais plus fort de me faire réagir. Tu utilisais plus de violence tous les jours, les bleus et les blessures en tous genres que tu laissais sur ma peau ne faisais que me poussait plus loin de toi.

Mais tu avais oublié comment faire pour montrer ton amour, comment communiquer sans cris, comment aimer sans haine et j'avais perdu patience.
J'avais déjà commencé à chercher un nouvel endroit où vivre.
Je ne voulais plus essayer de te comprendre, ni de t'aimer, j'avais abandonné et doucement tous bons souvenirs de nous deux, sous le soleil de notre amour, s'étaient effacés de ma mémoire, tous sauf celui de notre rencontre.

Mon AiméeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant