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- Avancez ! 

Je m'exécute et suis le mouvement. " Où suis-je ? On m'emmène où ? Mais qui c'est ceux-là ?" Tout se bouscule dans ma tête. Je ne me souviens de rien. Ni de mon nom, ni de ce que je fabrique ici. Rien. Je ne reconnais ni les lieux, ni les voix qui m'interpellent. J'avance seulement et j'obéis. C'est ce qu'il faut faire pour éviter les problèmes. Les choses se passent simplement comme elles doivent se passer et puis c'est tout. Je le sais, je n'ai pas mon mot à dire. Néanmoins, un frisson me parcourt. Je n'ai pas envie d'obéir, juste de m'enfuir. Je me sens mal à l'aise presque à l'étroit dans ce lieu que je ne connais pas. " Dans quel pétrin me suis-je encore fourrée ?"

Peu à peu c'est la panique. J'émerge lentement, comme si je me réveillais le matin, et regarde autour de moi en tentant de saisir le maximum d'informations. Il fait un peu froid et les couloirs que l'on traverse sont peu illuminés et rassurants. A priori, je suis dans ce qui semble être un long couloir. Il n'est pas rempli de cadres photos mais des mots positifs sur les murs de temps à autre. "Bonheur", "Paix", "Amour". . . Tout rend ce lieu un peu plus chaleureux et moins effrayant. Même si cela ne m'aide pas vraiment. Je continue de marcher et de découvrir un peu plus cet endroit qui m'entoure.

 Seule ombre au tableau, je ne suis pas seule. Je suis escortée vers je ne sais où par deux hommes. Grands et armés jusqu'aux dents. Aucun d'entre eux ne me regarde. Ils ressemblent presque à des robots. Ils ne parlent pas, ne se regardent pas. Rien. Je ne sais pas s'ils se connaissent, s'ils sont sympas, ce qu'ils vont faire de moi. On sent qu'ils font juste leur boulot et qu'ils seront sûrement bien payés après...Ils vont peut-être s'arrêter, me regarder, me frapper ou même me tuer. Toutes les possibilités défilent dans ma tête. 

- Arrête toi ! 

"Merde ! M'ont-ils entendu ?" 

- Nous sommes arrivés . Paul, reste avec elle le temps que j'aille la chercher. 

-Bien !

Lorsque homme n°1 est parti je me  tourne discrètement pour fixer homme n°2 alias Paul. Je ne dois pas être très discrète puisqu'il se tourne vers moi. Je baisse les yeux et je prie pour qu'il ne m'ait pas vu même si ça doit être le cas. Heureusement il ne dit rien et se remet à fixer le mur devant qui est apparemment beaucoup plus intéressant que moi. 

Pendant sa contemplation du mur je me mets à penser. C'est long . Le temps ne passe pas. Je ne sais pas si parfois vous avez cette impression que le temps passe à une vitesse folle alors qu'en réalité il s'est à peine écoulé une minute. Et bien c'est ce sentiment que j'éprouve à ce moment là. Il est lourd et stressant. "Et puis c'est qui elle ?"

- Paul, entre avec elle ! s'exclame soudain une voix féminine. 

- A vos ordres ! Aller suis moi. me dit-il. Sois polie et écoute ce qu'on te dit. 

" Sans blague merci pour l'info ! "  J'entre alors dans un vaste bureau et j'ai l'impression d'être convoquée chez le proviseur. La pièce est bien tapissée, remplie de quelques plantes et de livres. C'est impressionnant. J'en ai presque le souffle coupé. Il y a tellement de choses. La pièce est lumineuse et chaude, elle est parait rassurante mais n'est que plus étrange. Je m'attendais à sentir une odeur assez renfermée, ce qui n'est pas le cas. Le bureau sent plus ou moins bon je n'arrive pas trop à saisir ou à reconnaitre une odeur particulière. 

Au centre, se trouve un grand bureau en bois et mon regard se porte sur ce qui semble être son propriétaire. Celle-ci se lève à mon arrivée. C'est une femme. Elle est un peu forte et de petite taille. Elle porte une veste de tailleur et une jupe bleue foncée. Les cheveux courts, bien habillée et maquillée malgré les rides sur son visage, elle ressemble à une mère qui rentre du travail. Elle a l'air gentille. Mais je me méfis. Je ne la connais pas. En voyant mes yeux sur elle, elle me sourit. Mais ce sourire ne me rassure pas et ne colle pas pour moi au profil de cette femme. Elle m'interpelle :

- Alors c'est donc toi, Ophélie ? 

Ce prénom résonne dans ma tête et j'ai un sentiment de déjà-vu. Comme si il était à moi, comme si on m'avait toujours appelé comme ça. On me l'a souvent répéter. Oui on m'a toujoirs appelé comme cela. C'est évident, c'est bien mon prénom. 

- Oui, dis-je soulagée, d'avoir une réponse à mes questions, mais toujours un peu confuse. 

- Ravie de faire ta connaissance. Sam, Paul, vous pouvez nous laisser à présent. 

- Bien Madame ! 

Ils sortent et me laisse seule avec elle. Quelques éléments de ma vie me reviennent petit à petit mais ça ne me dit pas ce que je fais ici et comment j'y suis arrivée. Elle me fait signe de m 'asseoir, ouvre un dossier assez grand et après quoi elle reprend :

-Ophélie, ma petite Ophélie, tu as donc 17 ans. Bientôt 18, la majorité, me dit-elle comme si l'on se connaissait. 

- Oui, répondis-je. 

- Bien et ton anniversaire est le 24 avril donc tu es du signe taureau.

- Oui c'est exact. 

"Putain mais comment elle sait tout ça ?" J'hésite entre être effrayée ou être impressionnée par ses connaissances . Elle semble me connaître mieux que personne ce qui n'est pas mon cas. Elle ne fait aucune erreur, elle est vraiment effrayante. On dirait un interrogatoire. 

- Parfait ! dit-elle avec un sourire. As-tu des questions ? 

J'hésite une seconde puis prend la parole :

- Qui êtes-vous et pourquoi suis-je ici ? On se connait ? 

 - Bonnes questions. lance-t-elle toujours tout sourire. Tu es effectivement très intelligente, jeune fille. Tu poses les questions les plus pertinentes. Tu n'hésites pas à les poser. Je m'appelle Maddison Parker. Nous sommes dans ta nouvelle maison où tu vivras désormais et tu peux m'appeler "Maddy" ou "maman". 

SilenceWhere stories live. Discover now