Après une année de terminale riche en émotions, Délia décide de changer de continent pour poursuivre ses études universitaires. Très sûre d'elle et un poil hautaine, elle compte mener cette nouvelle vie comme elle l'entend, dans les règles de l'art...
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Après mon weekend chaotique, j'ai plus que hâte de retourner en cours pour me changer les idées. Adam m'a rappelée hier. Plus d'une fois. Même si j'ai eu terriblement envie de décrocher pour en découdre, j'ai tenu bon et ai fini par bloquer son numéro. Gabriel a raison. Adam ne mérite pas que je gaspille encore ne serait-ce qu'une seconde de mon existence pour lui accorder de l'attention. Mais c'est plus difficile à dire qu'à faire. Parce qu'Adam remplit parfaitement la majorité de mes critères. Il était censé valider mon étape 5 merde ! Il devait être le bon.
Argh ! Cela m'arrache le cœur, mais il faut que je m'efforce de l'oublier. Quel gâchis ! Je ravale ces réflexions et tente de penser à quelque chose de moins rageant.
Gabriel?
Maintenant que j'y pense, je n'ai pas eu de nouvelles de lui depuis samedi soir, après qu'il ait quitté mon appartement avec une tête d'enterrement. Je suis consciente d'avoir été un chouïa odieuse avec lui. Mais en même temps, il ne remplit quasi aucun de mes critères. Rien que pour cela, il me doit bien son arrêt temporaire du tabac. Non ? Je supporte déjà son immaturité, son faible âge, le fait qu'il vive chez ses parents, qu'il traine avec des individus tarés comme Kayleb ou des gamins comme Hugo. Je suis clairement dans une tolérance puissance mille là ! À ce stade, j'ai déjà mis trop d'eau dans mon vin pour faire passer le fait que je le trouve affreusement intéressant.
Et s'il refusait mes conditions?
En vérité, j'espère que ce sera le cas. Je déteste celle que je suis en sa présence. Je déteste le fait qu'il m'ait vue en colère et encore plus qu'il m'ait vue en pleurs. Je déteste le fait que je peine à discipliner mes émotions quand il est dans les parages. Je déteste qu'il me complique la tâche d'incarner l'intransigeante personne que je décris dans mes étapes de vie. Gabriel est devenu mon péché inavouable. J'ai honte de ce que ses mots me font ressentir à chaque lecture de ses courriers mauve. J'ai honte de la façon dont mon corps réagit à chaque fois qu'il me frôle. J'ai honte d'être assoiffée de ses lèvres. Alors c'est peut-être une bonne chose que je n'ai pas eu de ses nouvelles en vingt-quatre heures ? Pourtant, j'ai tout de même reçu, dans la boite aux lettres, mon paquet mauve du dimanche avec la petite enveloppe assortie. Il est passé. Mais, il n'est pas monté me voir. Je soupire en imaginant pléthore de scénarios pouvant expliquer sa décision et finis par avaler d'une traite ma tasse de lait d'amande au café.
J'espère qu'il refusera.
Je ne veux pas être tenue responsable des agissements de mon corps en sa présence. Argh ! Miss Summers, je ne suis même plus fichue d'être honnête avec moi-même. Pour être honnête, j'ai peur mamie.
Dépitée, je me lève de table et vais à la salle de bain, chantonnant et me dandinant sur le titre Viva la vida de Coldplay, ma musique de défouloir émotionnel de ce matin. Une fois prête, je repasse une dernière fois en tête mes rassurantes étapes de vie avant d'ouvrir ma porte. Et qu'elle ne fut pas ma surprise de le trouver derrière celle-ci. Et, juste comme ça, en l'espace d'une seconde, mon corps envoie paitre mon autodiscipline, ma réflexion précédente et ma zen attitude. En réalité, ma tête se vide instantanément et mon cœur, seul organe visiblement fonctionnel en ce moment, tambourine dans ma poitrine tandis que je tente de me composer une mine on ne peut plus désinvolte.