1. Aria

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Le manque d'argent me rend malade et un soupir s'échappe de ma bouche. Oui, en revenant, j'ai trouvé un petit boulot dans une supérette miteuse. Oui, j'avais quelques économies. Mais mon compte bancaire n'est pas synonyme de richesse. Je me débrouille.

Mon corps est allongé sur le lit, ventre contre la literie, mon iPhone en main. Avec mon pouce, je jongle entre les multiples applications. L'ennui me consume doucement. Mon cerveau ne pense qu'à une chose : je suis à New York. Je suis dans la ville où mes parents sont morts...

Les raisons de mon retour sont nombreuses, mais celle qui a réellement fini par me ramener dans la ville qui m'a vue naître est pathétique.

Fuir les mauvaises influences, mais surtout le manque d'argent.

Malgré tous mes efforts, je n'arrivais plus à m'en sortir et mon compte en banque me rappelait chaque jour à quel point j'étais incapable de garder la tête hors de l'eau.

J'aurais pu appeler quelqu'un.

Enfin... c'est ce que les gens normaux auraient fait.

Mais je savais déjà ce qui m'attendait au bout du fil.

Les soupirs.

Les regards pleins de jugement.

Les services qu'il faudrait rendre en échange.

Rien n'est jamais gratuit.

Surtout pas avec les personnes que je fréquentais à Boston.

Aujourd'hui, aucun d'eux ne fait encore partie de ma vie. Pas même celui pour qui mon cœur battait.

Max.

Un rire amer m'échappe.

C'est fou comme certaines personnes peuvent recevoir tout ce que vous avez à offrir sans jamais avoir l'impression que c'est suffisant. Vous leur donnez votre temps, votre énergie, votre loyauté, parfois même des morceaux entiers de vous-même, et pourtant elles continuent de tendre la main comme si vous leur deviez encore quelque chose.

À la fin, il ne reste plus rien.

Plus rien sauf la certitude d'avoir été stupide.

Max m'a quittée. Il ne voulait pas que je parte, il ne voulait pas se battre pour nous. Il voulait garder le contrôle qu'il avait...

Malgré la tristesse, j'ai réussi à trouver un appartement. Un petit studio à peine meublé. Un matelas deux places est posé à même le sol et la cuisine ouverte semble prête à s'effondrer au moindre coup de vent. Le parquet est en piteux état, la peinture blanche a viré au gris et des taches d'humidité rongent les murs.

Les déchets s'entassent dans plusieurs coins de la pièce. Quant aux bouteilles d'alcool que j'ai vidées ces dernières semaines, elles sont encore éparpillées près de l'endroit où je dors.

Me plaindre n'est pas une option.

Tant qu'il y a un toit au-dessus de ma tête, c'est le principal.

Le loyer est ridiculement bas. Vu l'état du logement, ce n'est pas vraiment une surprise. Sa localisation n'aide probablement pas. En plein cœur du quartier le plus dangereux de New York, les coups de feu font presque partie du décor. Certaines nuits, ils sont si fréquents que je finis par les oublier.

Mes yeux verts fixent la messagerie de mon portable et, plus précisément, les SMS que j'ai envoyés à mes meilleurs amis.

Une simple phrase sans émoji : « Je suis de retour. »

MY OBSESSION [EDITE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant