3. Aria

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Ma tête me fait atrocement mal lorsque je reprends connaissance. Dès que mes paupières sont de nouveau ouvertes, mes pupilles balayent la pièce.

Des murs et un sol en béton gris...

Mon cœur bat rapidement, l'odeur de l'humidité parvient à mes narines, la senteur est mélangée à un parfum métallique qui me semble familier, pourtant, je ne le reconnais pas.

Non, non, non...

Mon corps endolori essaye de se lever sans y parvenir. Assise, ma respiration se saccade. Ma robe est en sale état, je n'ai plus de chaussures...

Mais surtout, mes poignets et mes chevilles sont attachés aux pieds et aux accoudoirs de la chaise...

Ce n'est pas possible. Ce genre de choses n'arrive que dans les séries, les films ou les livres... Ça arrive aux autres... Je vais me réveiller. C'est un cauchemar...

Plus les minutes passent, plus la fatalité de la situation me frappe.

Je vais mourir. Putain, c'est sûr que je vais y laisser ma peau !

Le bruit de mes mouvements résonne dans la pièce sombre, je bouge et tire sur les chaînes comme si je pouvais les briser... C'est l'apocalypse dans mon cerveau, les larmes menacent de couler. S'il vous plaît... J'ai déjà trop souffert.

La seule source de lumière qui éclaire la pièce froide provient du dessous de la porte blindée... Je peux déjà imaginer les traces de moisissure qui doivent inonder le béton qui m'entoure. Ça me dégoûte...

La ruelle, le camion, la drogue, ces hommes. Le froid me paralyse au même titre que la terreur. C'est insoutenable. Mon corps tremble et la force commence à me manquer. Mes gestes se font de moins en moins vifs et finissent par s'arrêter complètement.

Mes pupilles se posent sur mes poignets, mes gestes les ont rendus rouges et irrités...

Le bruit de la porte me fait relever la tête. La lumière blanche s'allume et m'agresse. Je plisse le regard pour m'habituer à la luminosité et, quand j'y arrive, un homme se tient devant moi... L'impression que mon cœur s'arrête de battre me bloque la poitrine.

Ses yeux bleus me sondent, son visage est impassible. Ils ont la couleur de l'océan et je me fige face au froid que dégage sa présence.

Sa main passe dans ses cheveux mi-longs blonds et bouclés, mettant à ma vue les diamants qui décorent ses oreilles et son tatouage au cou représentant une dague. Ses gestes sont lents quand il s'approche de moi. Son sourire fourbe et son regard sournois me provoquent silencieusement.

Je suis paralysée, je respire par la bouche et mes poings sont serrés comme si cela allait apaiser les émotions qui me bousculent.

Je suis pathétique.

— La petite voleuse s'est enfin réveillée ? Il me regarde de haut en bas. Sa question me fait froncer les sourcils.

"Voleuse" ?

Je ne leur ai rien pris !

Si ?

Putain, le mec à qui j'ai pris le portefeuille dans le club était avec eux ?

J'avale ma salive avec difficulté en pensant à cette perspective. Ils m'ont enfermée juste pour quelques billets ?

— Si c'est pour l'argent, je peux vous le rendre ! Il est dans mon sac !

Mes mots paniqués amusent le blond tandis que mes yeux cherchent à la hâte mon petit sac à main, dans lequel j'avais rangé l'argent.

Le peu d'espoir s'évapore en voyant qu'il n'est pas ici.

MY OBSESSION [EDITE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant