Chapitre 1

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Il était une fois, dans un royaume lointain... Non, je déconne !!

Je suis Daisy Mendy Rodriguez, mais vous pouvez m'appeler Isy.

Ceci n'est pas une simple histoire, mais ma vie. Une vie pourrie et putride qui inspirerait de la pitié même au diable. Mais revenons quelques mois en arrière afin que je vous explique le pourquoi et le comment de ma situation. Tenez-vous bien vous n'entendrez pas ces mots tous les jours. Et aussi... Installez-vous confortablement, cela risque d'être un tantinet long... ou pas.

Fille d'une avocate et d'un juge, née avec une cuillère en or dans la bouche, je me voyais parcourir un chemin parsemé de fleurs aux senteurs envoûtantes. Enfin c'est ce que j'espérais.

L'espoir fait vivre dit-on. J'ai tout de suite compris que cela résumerait parfaitement mon existence.

Rien n'est plus douloureux que l'existence en elle-même.

Je ne savais rien faire d'autre qu'être son ombre. Son reflet dans le miroir. Je ne savais que répéter machinalement ce qu'elle me dictait. La protégée était alors devenue l'ordre normal des choses pour moi.

C'était moi la pâle copie et la mauvaise imitation. Elle était l'originale aux yeux de tous. C'était moi la vilaine, la plus moche. Celle à la chevelure épouvantable et aux traits raides. Ce qui est pourtant contradictoire, car la copie n'est que ça. La copie nest que la reproduction conforme de l'originale.

Et moi je n'étais que ça, la copie conforme de ma sur jumelle : Diana Wendy Rodriguez. Nous sommes de vraies jumelles. Alors forcément.

J'avais beau le savoir ça me faisait quand même mal de leur entendre dire qu'elle est magnifique et moi fade. Qu'elle est pleine de vie et moi si lugubre. Qu'elle est un don et moi une erreur. Qu'elle est un chef-duvre et moi un brouillon ! Qu'elle est la vraie et moi la fausse !!

Des paroles d'une telle brutalité dites à une enfant.

J'avais beau ressentir la douleur, je me contentais juste de vivre et de faire de cette situation une norme de mon existence. Pendant seize ans. Seize ans à subir espérant qu'ils se lassent un jour. Jour qui se faisait toujours attendre.

Si je ne pouvais pas les faire m'accepter et me voir moi telle que je suis, je n'avais qu'à les aider à ne plus faire attention à moi. Qu'ils oublient que j'existe.

Le plus éprouvant n'était pas ce comportement de la part de mes camarades de classe, ni de regarder tous les garçons que j'aimais bien finir dans les filets de ma sur, mais de supporter le regard de ma mère. Cette femme qui était pourtant censée m'aimer d'un amour inconditionnel, me voyait de la même façon que les autres. Si ce n'est pire.

Ce n'était pourtant pas si compliqué à réaliser : elle reste elle, et moi je suis moi. Une personne à part entière qui voulait savoir ce qu'est de faire un cauchemar et de se blottir contre sa mère pour être rassurée. Une personne qui voulait juste voir l'amour dans les yeux de quelqu'un d'autre que son frère. Une personne qui était en réalité prisonnière d'un monde froid. Prisonnière d'un miroir.

Ce Dieu qui est censé existé avait peut-être vu le désespoir tapi en moi, car il m'a fait rencontrer Miles. Miles WILSON.

Ce premier garçon qui me regardait avec une étincelle dans le regard. Qui me voyait moi et pas elle.

Enfin... c'était le cas. Ou peut-être que c'est moi qui voulais que ce soit le cas pour une fois. Rien que pour une fois. Cependant, je ne pouvais pas prétendre au bonheur. Je ne pouvais assurément pas agripper cette chose que je n'ai nullement pu effleurer du doigt durant seize longues années dexistence. Je fiche en lair tout ce que je touche. Je suis une perdante. C'était bien ce qui allait arriver. Jallais à nouveau perdre. Comme si ce qui était devait à jamais demeurer.

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