Après ce doux moment, qui aurait plus tard un goût d'amertume et de regret, Kévin avait pris le temps de ranger les dégâts de la fête et d'aérer la pièce. Maelle était revenue avec Thomas les joues rouges, et Lou discutait avec Joshua sur le canapé.
La sensation de liberté s'était envolée.
Kévin avait lancé une partie de Uno, puis de Pictionary, la fête s'était prolongée tard dans la nuit.
Le garçon avait été le premier à partir.
-Tu t'en vas déjà ?
Sa sœur n'avait pas fait attention à l'heure qui tournait.
-Oui, demain je travaille, et toi aussi d'ailleurs !
-Je veux rester encore un peu...
-Je te laisse la raccompagner, Joshua.
Le jeune homme avait acquiescé de la tête en levant le bras.
-Compte sur moi !
Kévin avait récupéré sa veste et était prêt à partir. Il avait salué une dernière fois ses amis, puis il avait disparu, englouti par la nuit.
Carla se souvient très bien de ce dernier moment, le sourire de son frère, la main qui l'avait saluée, le bruit de la porte...
Elle connaissait par cœur le rapport de police, le coup de fil reçu par sa mère dans la nuit, alors qu'elle était sur le chemin du retour avec Joshua.
Des promeneurs avaient trouvé Kévin agonisant sur les quais, il s'était fait agresser par des dealers qui souhaitaient être tranquilles et ne pas se faire remarquer. Des coups de couteau sur le torse. Les urgences n'ont pas été assez rapides pour le sauver.
Carla s'en voulait encore, elle aurait dû le raccompagner, mais elle avait préféré jouer l'égoïste et rentrer tranquillement avec son petit ami. En soi, cette table, cette pièce froide et la policière qui la regardait intensément pendant qu'elle racontait son récit... C'était sa punition pour avoir été impuissante et inutile. Elle n'avait plus rien à perdre.
L'histoire s'acheva dans cette pièce qui avait entendu des tas de récits depuis des décennies. Carla resta muette pendant quelques minutes.
Harley, elle, avait déjà pas mal de détails sur cette affaire. Mais elle n'avait jamais eu la version de la jeune fille. La policière était une des meilleures, elle passait au crible chaque témoignage, chaque discours, même si ces derniers avaient été rédigés. Elle voulait voir LA personne en face d'elle. LES discours peuvent changer avec le temps. Celui-ci était, parfaitement, identique par rapport au papier.
— Merci Carla. Je suis navrée pour ce qui est arrivé à ton frère.
-Vous ne l'êtes pas vraiment, comme les autres, vous dites ça par politesse.
-Tu as raison, puisque je ne le connaissais pas.
-Mais vous êtes la seule à l'avouer. Merci.
Harley se lève et époussette sa jupe, juste après, elle pose ses deux mains sur la table.
-La nuit a été longue. Tu devrais dormir un peu. Nous nous reverrons demain.
La criminelle hoche la tête en se redressant sur sa chaise.
-Bonne nuit.
Harley partie, laissant les gardiens de cellule s'occuper de la petite. Elle regarde l'horloge dans le couloir : 5 H du matin. Elle revenait ici à 7 H. La nuit allait être courte.
Elle n'avait pas le temps de faire un aller-retour chez elle. Elle se dirige vers son bureau, une petite pièce avec une table en bois de chêne, un ordinateur, une peluche représentant la mascotte de la police (le lutin brigadier : un lutin bleu habillé en policier) et une photo de famille. Harley s'assoit sur sa chaise et profite du peu de temps de repos qui lui reste avant la suite de l'enquête.
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Qui est-elle ?
ActionUne table, des témoins, une coupable. Mais qu'à fait Carla, 22 ans, lors du "Party Gala Show" et pourquoi est-elle couverte de sang ? Jeune fille modèle, qui aime les lettres, plus personne n'arrive à la reconnaître désormais. Qui a raison ? Sa fami...
