13. Laisser

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Elle pleut- Nekfeu Nemir

Alexander
Maison Lavrenti, 3h32

La "soirée" n'avait pas duré longtemps, Lyana était partie parler avec Maël dans sa chambre, son père complètement arraché racontait connerie sur connerie, on avait prétendu vouloir dormir pour monter. Voilà comment je m'étais retrouvé sur le lit de la fille que j'allais tuer d'ici peu.

-Pourquoi on est là Alexander ?

J'en sais rien Lyana bordel j'en sais rien !

Je ne lui répondais pas.

-Pourquoi tu n'as pas répondu à ma question tout à l'heure ? Qu'est-ce que tu veux de moi Alexander putain !

Elle s'énervait faisant les cent pas, mes muscles se contractaient face à la rage qui commençait à m'habiter lentement. Ses membres étaient tremblants, elle se tirait les cheveux en disant des choses incompréhensibles. Elle commençait à craquer seconde après seconde.

-PUTAIN RÉPONDS MOI C'EST QUOI TON PROBLÈME ?!

Je me levais brusquement avant de la plaquer au mur la main sur sa gorge. Elle levait la tête laissant s'échapper une larme de son œil. Elle n'avait absolument pas peur de moi aujourd'hui, ici ce n'était pas moi le danger.

Je la sentais avaler sa salive alors que je serrais de plus en plus sa gorge, l'empêchant presque de respirer.

-Ne me parles plus jamais comm-

Je me coupais. Une boîte. Sur son bureau. Une boîte de médicaments. Je la relâchais brusquement pour prendre la boîte, elle attrapait ma main mais malheureusement pour elle j'avais eu le temps de lire l'inscription.

Je m'éloignais d'un pas tandis qu'elle respirait fort, pas parce que je l'avais presque étranglé, non, mais bien parce qu'elle avait dans les mains une boîte de Citalopram, un antidépresseur.

Les cauchemars, les pleurs, les tremblements, le psy, tout ses actes se reflétaient dans cette petite boîte entre ses mains. Je n'y avais jamais pensé mais maintenant cela me paraissait tellement évident. Pour moi ses réactions étaient normales, en soit elles l'étaient mais peut-être étaient elles amplifiées ?

-Non mais Alex regardes la, elle a rien demandé, elle a vécu une vie de merde.

Un père qui la battait, un frère dont elle devait s'occuper comme si c'était son fils, le silence de sa mère, un ex violent et qui l'avait violé, la dépression, le "travail", son grand frère faussement mort qui finalement voulait la tuer, un mec qu'elle ne connaissait même pas qui l'avait kidnappé pour abréger ses jours.

Une véritable vie de merde.

Et maintenant je m'étonnais, c'était une évidence. Elle n'aurait pas pu tenir, j'en connaissais peu qui auraient pu tenir le choc.

Dans une autre boîte ouverte se trouvait plusieurs papiers, mon instinct me disait de la fouiller. Lyana s'était figée les médicaments en main. La façon dont elle la fixait comme un cauchemar éveillé était perturbante, comme si elle ne voulait pas y croire mais qu'à présent elle y était forcée.

J'attrapais la boîte et prenais le premier papier, une ordonnance pour ses médicaments, je prenais une autre feuille, sous elle des tonnes de boîte vides de Doliprane, trop pour que ce soit uniquement pour un mal de crâne. Je savais très bien les dangers de ce simple médoc, il empoisonnait ton foie après une certaine dose, créant une mort imminente. Je dépliais la lettre, elle avait l'air d'être écrite à la main.

NOSTRA / Trilogie Des histoires addictives. Découvrez maintenant