*Le plan en marche*

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Point de vue de Andrea

- Ma chérie, debout, il est midi ! lance la voix de ma mère.

Une lumière vive traverse mes paupières et je comprends qu'elle a ouvert mes rideaux.

- Nannnnnnnn !

- Siiiiiii ! Allez, viens, on mange burgers-frites !

L'appel des frites est trop fort et je me réveille d'un coup.
Je vois ma mère rigoler.

- Eh bien maintenant que tu es debout, je peux te dire qu'on mange en fait une purée de brocolis.

Noooon, c'est pas juste ! Je me suis fait avoir !!

- Noooon !
Je prends mon oreiller et me cache derrière.

- Ah ha, je t'ai eu. Allez, maintenant tu n'as plus de raison, tu es réveillée.

Je l'entends quitter ma chambre en rigolant et descendre les escaliers.

Je me décide enfin à me lever de mon lit. J'ai eu la très mauvaise idée de placer un miroir face à mon lit, ce qui fait que chaque matin je vois mon horrible tête.

Physiquement, je me déteste. Je suppose que c'est une des raisons pour lesquelles je n'ai jamais trouvé personne. On m'a toujours dit que si tu ne t'aimes pas toi-même, tu ne peux pas aimer quelqu'un correctement. À croire que c'est vrai.

J'ai très peu de poitrine. Je dois encore mettre des brassières à 16 ans car aucun soutien-gorge ne me va. Mais encore, ce n'est pas ce qui me gêne le plus. Quitte à choisir, je préférerais ne pas avoir de poitrine du tout.

Je ne vais pas être jalouse des filles comme Lily pour leur poitrine, car je pense qu'il y a plus d'inconvénients qu'autre chose. Je jalouse plus les garçons dans ce cas-là. Ce que je déteste par-dessus tout, c'est d'être dans un entre-deux : pas assez de poitrine pour pouvoir mettre des vêtements stylés, mais trop pour mettre les vêtements masculins que j'aime particulièrement.

Mais surtout, je me trouve grosse, pas dans les normes, avec mes bourrelets, mes grosses cuisses et mes hanches. J'ai aussi des boutons malgré que la puberté soit censée être finie depuis un moment, malgré que j'aie eu mes règles à 10 ans.

- Andrea, descends ! C'est cette fois c'est la grave voix de mon père qui m'appelle.

Je mets un peu d'ordre dans mes cheveux courts et j'enfile un jogging et un pull confortable. On est dimanche après tout, personne ne viendra me déclarer sa flamme aujourd'hui.

Puis je descends les escaliers en colimaçon.

J'arrive à table alors que tout est déjà prêt, un avantage de se lever en dernier.

Je vais embrasser mon père et ma mère avant d'aller m'asseoir.

- Tu te lèves bien tard, dis donc Andrea ? lance mon père alors qu'il nous sert à manger.

- Moi, je trouve que ça change pas d'habitude, répond ma petite sœur Camille qui a 12 ans.

- Surtout que on se couche à 1 h du mat, hein, enchaîne Nila qui a un an de plus.

Je leur jette un morceau de pain au visage.

- Bande de cafteuses !
Camille attrape le pain au vol pour le manger, alors que Nila se le prend en plein sur le visage, faisant rigoler tout le monde sauf ma mère.

- Andrea, on ne lance pas la nourriture ! Tu as 3 ans ou quoi ?

- Euh oui, c'est vrai, c'était très immature, renchérit Nila, vexée.

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