Je marchais dans les ruelles éclairées par les lampadaires, les mains dans les poches de mon manteau. Je m'appuyai contre un mur en vieille brique, le regard perdu dans les nuages nocturnes, quand j'entendis des talons claquer.
- T'en as mis du temps Jessi... Qu'est-ce que tu voulais me dire d'aussi important pour vouloir me parler à une heure pareille... Ma collègue de travail, la jolie métisse aux cheveux noir ébène, me sourit tristement.
- C'est toi pas vrai ? Mes yeux se plissèrent.
- Tout dépend de quoi tu parles très chère ! De quoi parles-tu ?
- C'est toi la petite amie cachée de Carl, 'fin du patron, pas vrai ? Elle me tendit une cigarette, que je pris, d'un geste hésitant.
- Navrée l'amie, mais là tu fais fausse route... L'amour ça ne m'intéresse pas, et je savais même pas qu'il avait une relation. Elle me tendit un briquet, j'allumais ma cigarette, et en pris une bouffée.
- Tu le jures ?
- Eh eh eh ! Y'a des choses que je ne peux pas promettre, mais alors ça je pourrais y mettre mes deux mains à couper ! Je lui tapotais l'épaule, avec un grand sourire. - T'inquiètes, tu auras son coeur, quitte à ce que la peste qui sorte avec lui en paye le prix, d'accord ?
- T'es vraiment une amie en or avec un cœur incroyable. Tu es d'une gentillesse impensable. Dire que j'ai failli te hurler dessus en t'apercevant... Je suis si bête.
Ça tu l'as dit.
- Bon... Si ce n'est que ça alors on peut aller se prendre un bon whisky ! Non ? Elle hocha la tête. - Et fait moi ces beaux sourires dont tu as le secret ! Tu es laide quand tu fais la moue. Je secouais ma cigarette avant d'en reprendre une bouffée et de me diriger vers les ruelles plus bondées et plus célèbres de la ville.
Jessi sourit et trottina pour me rattraper.
- Il faut qu'on fasse attention, entre le violeur et le grand Duc qui courent les rues, on sait jamais... Elle se retourna pour regarder derrière elle.
- Un violeur s'attaque souvent à une cible esseulée... Je soufflais, la fumée blanche s'évadant dans l'air. - Sauf s'ils sont plusieurs... Évidemment. Et pour le grand-duc, à part s'il est stupide, je le vois mal attaquer au beau milieu des gens, tu crois pas ? Elle haussa les épaules.
- On le genre tous au masculin... Comme s'il n'y avait que les hommes pour commettre de pareilles atrocités. Mais et si c'était une femme ? Ce serait, une sorte d'Albi... Parfait. Mes lèvres s'étirèrent.
- Tu sous-entends être le grand-duc ? Mon coude vint heurter ses côtes.
- Quoi ? Bien sûr que non ! Tu es folle ! Si on part de là tout le monde est suspect. On pénétra dans le petit bar, bondé. Puis l'on se dirigea vers le grand bar en vieux bois animé, trois hommes s'y tenaient, tous des habitués, comme moi.
- Un Edradour pour moi. Je m'assis, puis croisais les bras sur le bar en bois. - Tu prends quoi toi ?
- J'ai... J'ai pas l'habitude de boire en fait...
- Alors on va te prendre un whisky doux ! Un Jameson black pour la jeunôte !
- Tu parles comme une vieille. Je fixais le barman nous préparer nos verres.
- Bientôt trente-six ans, c'est pas mal déjà. Elle pouffa.
J'allumais la lumière de l'entrée, chancelante. Mon regard se porta sur l'horloge : deux heures du matin.
- Huh... Je me suis peut-être un peu trop lâchée ce soir... Je m'allongea sur mon canapé. -Pff... Ce midi y'a l'autre qui va venir me traîner dans les pattes, va pas falloir que je dorme trop. Je m'étirai, puis me relevai avant de me diriger vers ma chambre pour récupérer mon pyjama. Je pris ma serviette de bain, mis l'eau de mon bain à couler puis pendant ce temps je pris ma douche.
Une fois prise, je coupais l'eau du bain et m'allongeai dedans. Un soupir d'aise s'échappa de la barrière de mes lèvres.
J'entendis mon alarme sonner, en y jetant un coup d'œil j'aperçus l'heure.
- Rah... Déjà onze heure ! J'enfouis ma tête dans mon oreiller puis me relevai. Je me préparai puis j'entamai un rapide nettoyage de la maison. En passant devant ma cheminée je m'aperçus que la tête de cerf empaillée qui y trônait était penchée vers la gauche, je la remis droite en sifflotant.
Le son de la sonnette retentit. Je descendis rapidement les escaliers et me jetai vers l'entrée.
- Bienvenue ! M'exclamai-je en ouvrant la porte. Une petite femme, sans aucun doute une quinquagénaire, aux cheveux châtains parsemés de blanc me tendit la main.
- Enchantée ! Je suis la responsable provisoire de Joshua, madame vhan's, mais vous pouvez m'appeler Lucy. Je lui serrais la main avec entrain.
- Elvire Blaise, de même ! Entrez, entrez voyons. Elle pénétra ma demeure avec un grand sourire.
- C'est plutôt spacieux, la rue m'a l'air calme, et c'est vrai qu'il y a des plusieurs écoles, dont un lycée, à quelques pas d'ici.
- Allons... Vous n'avez même pas visité et-
- Écoutez, Elvire... Honnêtement vous êtes la seule personne qui veut bien de lui sous son toit. Elle jeta un regard autour d'elle. -Votre maison me semble tout à fait correcte pour accueillir un adolescent, vous me semblez pleine d'entrain, donc on va juste se contenter de discuter mais partez du principe comme quoi vous allez loger ce jeune homme. Son regard se plongea dans le mien.
- Bien... Bien ! Vous m'en voyez fort ravie ! Je ne m'attendais pas vraiment à ça, mais ça me va. Asseyez-vous. Je tirai une chaise, et elle s'assit.
- Ce jeune garçon a vu la mort de ses propres parents sous ses yeux, il est traumatisé. D'après son ancienne école il n'a jamais été très joyeux, alors nous avons espoir que votre joie de vivre lui arrache un petit sourire... Elle me sortit plusieurs piles de papiers. - Vous avez là sa liste de fournitures scolaire, vous ferez les courses avec lui bien sûr. Elle appuya son doigt sur un autre papier. - Il est allergique aux fruits à coques, il faudra faire très attention lors de vos achats en aliments.
- Et bien ! C'est triste ce type d'allergie... Je_
- Ici il est inscrit qu'il lui manque deux vaccins obligatoires, et qu'il faut qu'il aille chez un orthodontiste suite à la demande de son dentiste. Elle me tendit plein d'autres papiers sur sa santé, m'expliqua ses quelques problèmes au niveau scolaire. - Il a de grosses lacunes en orthographe je vous laisse la main la dessus, vous êtes journaliste radio, vous serez d'une grande aide pour lui.
- Je... Vois. Et bien je serai ravie de refaire l'éducation de ce-hum-cet ado en roue libre !
- Dans une semaine je vous le dépose ! Elle me sourit joyeusement puis après quelques autres formalités elle partit, me laissant avec une tonne de papiers à remplir pour certains, et à ranger pour d'autres.
- Dans quoi j'me suis foutue. Je plaçais mes lunettes sur l'arrête de mon nez avant de m'y pencher. - Hum... Donc je vais devenir la personne qui s'occupera de lui, et ce sans doute jusqu'à sa majorité puisque personne n'a l'air de vouloir de lui. Fan-tas-tique.
VOUS LISEZ
Partenaires de crimes (En Réécriture √)
FanfictionLe jour, Elvire mène une vie ordinaire de journaliste, traquant les vérités que d'autres préfèrent taire. La nuit, elle devient tout autre : une créature dévorée par la soif de sang et le besoin de tuer. Lorsque le destin place sur sa route Joshua...
