Je me réveille. La chambre est totalement dans le noir. Je sens une présence, celle de Raphe, je suppose. Je m'assois sur le lit en cherchant l'heure qu'il peut bien être et à comprendre pourquoi il fait encore nuit. Je plisse les yeux pour regarder la chaise où se tenait Raphe avant que je m'endorme, un sourire éclaire la nuit. Ce n'est pas celui de l'ange, c'est un sourire machiavélique. Un visage s'avance dans un rayon de lune.
Bazan.
— Salut, ma Léo.
— Qu'est-ce que tu fais, là ?
Il regarde autour de lui, se lève de la chaise, touche tout ce qui lui passe sous la main. Il finit par arriver à ma hauteur et me touche le visage.
— Tu as échoué. Tu n'as pas réussi à les tuer.
— Tu m'as envoyé à l'abattoir face à deux anges.
Je dégage mon visage, une mèche de cheveux reste entre ses doigts et il joue avec. Il paraît distrait. Mon regard fouille la pièce. Où est Raphe ?
— Il n'est pas là, ma Léo.
Je le regarde à nouveau, il me lance un clin d'œil. Je l'observe. Il est en costume. Il garde une allure soignée, même pour me torturer. Je ne comprends pas comment il peut être là.
— Tu sais que j'ai voulu rentrer. Tu ne t'en es pas pris à Ban.
— Ton frère va bien. Je te connais, tu n'aurais pas pris le risque de fuir... Mais tu as échoué.
— Je sais, mais je vais rentrer et je me rattraper...
— C'est trop tard. Il t'a réclamé. Je suis déçu de devoir te perdre, mais tu as attiré son attention.
— Quoi ? Qui ?
— Je ne peux rien y faire.
Son regard me paraît lointain comme s'il se perdait dans des souvenirs. Je suis perplexe, je l'observe la mine renfrognée sans comprendre ses divagations. Il ne m'explique rien. Il poursuit :
— Tu sais, je t'ai toujours considéré comme ma fille... Tu es ma création.
Je déteste qu'il me considère de la sorte, un frisson de dégoût s'empare de moi. Il passe à nouveau un doigt sur ma joue, cette fois je sens la morsure du feu se répandre sur le trajet qu'il décrit. J'essaie de reculer la tête, mais il l'attrape avec son autre main. Il s'accroupit pour être à ma hauteur. Ses yeux orange de chats me contemplent et un sourire en coin retrousse ses lèvres. Son doigt s'éloigne finalement de mon visage et je ferme les yeux pour apprécier ce répit. La brûlure m'élance toujours, mais il ne me touche plus. Soudain, c'est à ma clavicule de me brûler. J'ouvre violemment les yeux, il a sa main appuyée au bas de mon cou, ma peau me tire, me brûle, j'ai envie de m'arracher à sa prise, mais la douleur ankylose mes membres. Je suis incapable de me débattre, incapable de hurler. Alors que sa main reste en place, il me dit :
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Dawn Fall - Le Dernier Eden
FantasyLe monde a subi le jugement dernier. Les anges et les démons se sont abattus sur la Terre pour détruire l'humanité, mais une communauté a réussi à s'en sortir. Un système de royauté a été instauré et les humains ont décidé d'oublier leur passé pour...
