Chapitre 2

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Cela faisait trois jours que j'avais rejoint l'équipe, et, à ma grande surprise, je me sentais déjà à l'aise, surtout grâce à Elisa. Avec elle, j'avais l'impression que je pouvais être moi-même, comme si nous nous connaissions depuis toujours et que cette rencontre n'était qu'une sorte de retrouvailles.

Ce matin-là, en me réveillant, je consultai machinalement mon compte Instagram. Elisa avait aimé ma dernière photo. En voyant ça, j'étais aux anges. Aujourd'hui était un grand jour : ma première interview et séance photo aux couleurs du PSG, un moment clé pour promouvoir ma carrière dans le football.

Étant nouvelle, l'équipe qui organisait l'interview avait demandé à Jocelyn Prêcheur de désigner la joueuse avec qui je m'entendais le mieux. Sans surprise, c'était Elisa qui avait été choisie pour m'accompagner. Cela me rassurait, mais l'idée qu'elle m'observe attentivement pendant mes réponses me stressait aussi. Cette pensée ne quittait pas mon esprit lorsque je réalisai que je devais filer à l'entraînement. Je rassemblai mes affaires – sac, clés de voiture, et la veste qu'Elisa m'avait gentiment prêtée – avant de partir.

Une fois arrivée au campus, je me dirigeai vers les vestiaires pour me changer. Je croisai les filles de l'équipe, y compris Elisa.

— Voilà la star du jour qui arrive ! lança Sakina en riant, la première à me remarquer.
— Oh, tiens, salut Vic ! s'exclama Elisa avec un grand sourire.
— Vic ? releva Marie-Antoinette Katoto, intriguée.
— C'est son surnom, expliqua Elisa, amusée. Pour qu'elle se sente en confiance.
— Oui, c'est ça ! répondis-je en souriant, avant de tendre la veste à Elisa. Tiens, je te rends ta veste. Je l'ai lavée.
— Oh, merci ! Mais fallait pas te donner cette peine, répondit-elle, sincèrement touchée.

Nous rejoignîmes le terrain, déterminées à commencer la séance. Alors que l'entraînement allait débuter, j'entendis Elisa m'appeler discrètement.

— Psst, Victoire !

Je me retournai, intriguée, et m'approchai. Elle passa un bras autour de mes épaules, un geste à la fois naturel et réconfortant, avant de demander :

— T'es prête pour cet après-midi ? L'interview ?
— Oui, archi-prête ! répondis-je avec plus d'assurance que je n'en avais réellement.
— Trop bien ! Je me disais qu'on pourrait manger ensemble ce midi. J'ai repéré un petit resto sympa pas loin. Ça te dit ?
— Oui, carrément, pas de souci !
— Super ! J'ai hâte ! ajouta-t-elle avec un sourire avant de s'éloigner pour se mettre en position.

L'entraînement commença, mais mon esprit vagabondait. Entre les exercices, l'interview à venir et la perspective de déjeuner avec Elisa, je n'arrivais pas à me concentrer. À un moment, alors que j'avais le ballon, mon esprit divagua encore. Je me mis à penser à l'après-midi et au stress qui montait en moi, au point que je perdis totalement pied... et glissai sur le ballon, m'étalant de tout mon long sur le sol.

Je sentis une main ferme et rassurante sur mon dos.

— Victoire, ça va ? demanda Elisa en me tendant la main.

Je l'attrapai, gênée, et elle m'aida à me relever. Les autres filles s'approchèrent, visiblement inquiètes.

— Rien de cassé ? demanda l'une d'elles.
— Non, ça va... J'ai juste glissé sur le ballon comme une idiote, répondis-je, un peu agacée contre moi-même. On peut reprendre !

Les filles échangèrent des regards d'incompréhension. Elisa, en particulier, semblait chercher une explication dans mes yeux. Mon cœur se serra face à son regard, et je m'en voulus immédiatement, mais mon ego m'empêcha de m'excuser sur le moment.

PASSION DANS NOTRE PASSION [CORRIGÉ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant