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Skyler Baker ✨

Épuisée, je m’éloigne du reste de mes collègues, cherchant du regard ma bouteille d’eau.

On joue au foot. Et franchement ? Je déteste ce sport.

La chaleur est écrasante, et je transpire tellement que je pourrais vider toute ma bouteille sur mon corps sans que ça fasse la moindre différence.

Je prends quelques gorgées d’eau avant de lever les yeux vers le terrain. Safira joue toujours. Étrangement, elle est incroyablement douée.

Notre équipe est mixte, et la plupart des garçons semblent admiratifs face à son talent.

— Yesss !!! — crie-t-elle après avoir offert une passe décisive à un de ses coéquipiers, qui marque un superbe but.

— Bravo, Safira ! — lance Serge, notre professeur de sport.

Elle sourit largement sous les félicitations.

Le sifflet retentit. Fin du match.

Verdict ? Mon équipe a perdu 3-1. Génial.

— T’as déjà pensé à rejoindre un club de foot pro ? — je demande à Safira, un brin sarcastique.

Elle rit et roule des yeux.

— Quand je dis que tu as une pote incroyable, t’en doutes encore ?

À mon tour de rouler des yeux.

Elle s’assoit à côté de moi sur le banc et attache ses cheveux… enfin, sa perruque.

— T’as pas trop chaud avec ça ? — je demande en désignant sa tête.

— Les perruques font partie de mon charme, ma chère.

Serge lève la voix pour annoncer une pause de dix minutes avant la reprise.

Je bénis le ciel et m’allonge sur l’herbe, savourant enfin un peu de répit.

Silence. Beaucoup de silence. Trop.

J’ouvre les yeux et tourne la tête vers Safira.

— Pourquoi t’es si silencieuse ?

Elle ne répond pas tout de suite, se contentant de pointer discrètement du menton la direction de notre professeur.

Je suis son regard et... merde.

Maxwell.

Mon estomac se serre. Je ravale ma salive et détourne immédiatement les yeux vers Safira.

— Si tu continues à le fixer comme ça, il va le remarquer. — Son ton est moqueur, et je la fusille du regard.

Elle, en revanche, arbore un petit sourire satisfait.

— J’espère bien. Avoir ces yeux brillants braqués sur moi ne serait pas désagréable.

Ses paroles me crispent immédiatement. Je me redresse et la fixe, soudainement sérieuse.

— Quoi ? — Elle arque un sourcil.

— Rien ! — Je réponds trop vite, trop nerveusement.

— Skyler...

— C’est juste que… lui et… et moi… nous… euh…

Ma voix s’étrangle, mes joues s’enflamment.

Les yeux de Safira s’agrandissent légèrement.

— Toi et lui, quoi ?

J’ouvre la bouche, cherchant désespérément mes mots, mais Serge m’appelle avant que je puisse dire quoi que ce soit.

Je le regarde, puis Maxwell.

Et mon cœur manque un battement.

[....]

Maxwell Mancini ✨

Quelques minutes plus tôt.

— C’est sérieux ?

Serge me fixe, les bras croisés.

Je hoche la tête.

Je viens de lui apprendre que Skyler s’est évanouie un peu plus tôt dans la journée.

Pourquoi ?

Aucune idée. Choc de me voir ? Problème de santé ? Coup de chaleur ?

Peu importe la raison, l’idée qu’elle puisse s’effondrer encore m’agace plus que je ne veux l’admettre.

Pourquoi ça me préoccupe autant ?

Mystère.

Serge finit par hocher la tête et appelle Skyler.

Elle sursaute légèrement en nous voyant, mais s’approche sans trop d’hésitation.

— Oui ?

Sa voix est neutre, presque désinvolte.

— Mon collègue m’a dit que tu t’étais évanouie ce matin.

Son regard se pose sur moi une fraction de seconde, puis revient sur Serge.

— Oui, mais je vais bien, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, professeur… et encore moins vous, M. Mancini.

Son ton est piquant, et je pince les lèvres.

— Tu aurais dû me le dire, — reprend Serge, légèrement contrarié. — Avec cette chaleur, si tu ne te sentais pas bien, j’aurais pu te libérer plus tôt.

— Ne vous inquiétez pas, je vais bien. Sinon, je ne serais même pas venue en cours.

Elle sourit timidement.

Et putain.

Ce sourire me fait perdre ma contenance.

Je baisse légèrement la tête, mais mes yeux s’attardent sur elle, analysant le moindre détail. Même en pleine chaleur, elle est belle.

Trop belle.

— Très bien, — conclut Serge. — Si tu ne te sens pas bien, tu peux partir, d’accord ?

— Oui, monsieur. Merci pour votre inquiétude. À vous aussi, professeur Mancini.

Je me redresse légèrement.

— De rien.

Nos regards s’accrochent. Un échange étrange, indescriptible.

Puis elle se détourne et s’éloigne.

Je la regarde partir, incapable de détourner les yeux.

Merde.

— Bon, je ne voulais pas t’arrêter plus longtemps, mais le travail m’attend, — annonce Serge.

Je force un sourire.

— T’inquiète. Bonne continuation.

— On se voit au déjeuner.

— À tout à l’heure.

Il s’éloigne.

Je soupire, puis me détourne à mon tour.

Et sans même le vouloir, mon regard revient immédiatement vers Skyler.

OBSESSED With You - En PauseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant