Chapter 2

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Le silence poisseux de la forêt était rompu par un bourdonnement incessant. Uary, les yeux globuleux de frustration , donnait de grands coups de bras dans l'air. qui menaçait de la faire s'effondrer.De minuscules essaims de méphites, à peine plus grands que des lucioles, l'encerclaient. Ces êtres de verre, dont les corps transparents laissaient deviner des cœurs minuscules battant la chamade, l'assiégeaient de toutes parts, leurs mandibules voraces s'ouvrant et se refermant dans une attente silencieuse.Un cri d'exaspération s'échappa de ses lèvres.

- Urghh, je déteste les insectes !

Les épingles qui retenaient les mèches courtes sur son front avaient cédé. Des fils d'un rouge cerise éclatant s'échappèrent, glissant sur sa peau humide, tandis que le reste de sa chevelure, une tresse longue et impeccable, restait en place. Ce désordre, cette rébellion d'un instant sur son visage, était comme un reflet de la fureur sourde qui la consumait. C'était une rage visible dans chaque muscle de sa mâchoire, mais que le monde n'avait pas encore le droit de voir.Sa robe de voyage, faite d'une toile grossière, était recouverte de saleté et de traces de boue séchée.

Kruh, elle, ne bougeait plus. Elle se tenait parfaitement immobile, l'oreille tendue, une main levée pour faire signe à Uary de se taire. Ses cheveux, d'un argent froid comme la lune d'hiver, étaient coupés court, ne dépassant pas la mâchoire. Malgré leur longueur, ils étaient tressés en une natte serrée sur le côté de sa tête, comme une couronne de métal liquide. Chaque mèche, aussi droite qu'un trait de plume, semblait refléter la lumière du jour et se transformait en mille éclats brillants. Son regard, perçant et vif, balayait les environs, ne laissant rien au hasard.

-Shhhh , murmura-t-elle d'une voix grave, ses bottes craquant sur les feuilles mortes, tandis qu'elle cherchait désespérément un point de repère familier dans ce labyrinthe de verdure. Le chemin de la veille, si évident, avait disparu, comme avalé par la forêt.

Uary ouvrit la bouche pour protester, mais Kruh, d'un geste vif, vint poser sa main sur ses lèvres. Elle sentit le souffle chaud et rapide de sa soeur sur sa paume. Kruh n'avait pas besoin de parler, Uary vit la tension dans ses yeux et entendit le bruit qui avait alerté Kruh : un toussement sec et râpeux, aussi lointain que lourd, , comme celui de quelqu'un qui ne se souciait pas de la discrétion. Une odeur étrange, un mélange de fumée froide et de terre mouillée, se répandit dans l'air.

Après ce qui parut être une éternité de silence, Uary brisa l'atmosphère en chuchotant :

- Au fait, Kruh, où allons-nous exactement ?

Kruh déplaça sa main, un sourire en coin sur le visage. -Vers la barrière, évidemment. On n'a pas le choix, après les informations qu'on a perçue hier

- Pas bête, répondit Uary, soulagée de pouvoir parler.

Kruh s'arrêta et sortit une carte froissée de sa poche. Elle la lissa sur un rocher couvert de mousse, ses doigts effleurant les lignes.

- Ça devrait être ici, d'après Mr Slangerbot.

Ce nom fit Uary tressaillir. Un frisson désagréable lui parcourut l'échine.Ce nom la renvoya à ses cours d'histoire. Elle se souvint de l'odeur de parchemin, de poussière et de vieux livres qui flottaient dans la salle de classe, ainsi que du visage pâle et voûté de son professeur.

C'était un Oublié, elle le savait, même s'il n'avait jamais reconnu son statut. Il avait trafiqué un faux diplôme pour pouvoir enseigner, motivé par une véritable passion pour l'histoire. C'était sa manière à lui d'échapper à la misère et à la marginalité, de retrouver un semblant d'humanité.

— C'est... c'est le professeur d'histoire qui a été arrêté ? murmura-t-elle, son cœur s'accélérant soudainement.

La peur de Kruh n'était pas un simple frisson. Elle commençait à ressentir comme un poid froid qui s'installait au creux de son estomac. Elle regarda Uary, le visage fermé, et sa voix n'était qu'un murmure brisé.

Kruh and UaryDes histoires addictives. Découvrez maintenant