« dis moi pourquoi la nuit je ne dors plus, chaque pensée me torture »
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SALOMÉ ABELLA juin 2020
Je saisie mon jogging large gris et un gros pull de Mathieu pour les poser sur mon tabouret. Je me regarde dans le miroir, mon corps qui n'a rien physiquement mais qui est taché de ses mains et de son ADN. Je frissonne et me tourne pour éviter ce reflet.
J'enfile les vêtements que je viens de préparer et file dans la cuisine. Un petit mot de ma mère se trouve sur le plan de travail.
"je t'ai laissé une assiette dans le frigo, mange un bout et bon courage pour le travail ma chérie"
Elle est mignonne ma maman mais je ne vais pas toucher cette assiette, la faim me manque. Je sursaute quand j'entends soupirer derrière moi.
- Tu sais qu'il fait 25 degré aujourd'hui?
- Mmh, j'acquiesce au près de Romain, mais il fait un peu froid dans le magasin.
En effet, je travaille toute l'après midi jusqu'à la fermeture, soit 19 heures. Et oui, mon frère m'adresse la parole, c'est assez rare mais il le fait plus depuis une semaine, soit depuis l'incident. Il ne sait rien mais il doit bien le sentir vu qu'il est plus attentionné.
- Ouais pas sûr, met un t-shirt au moins.
- Je suis bien la. Dis je nonchalamment.
- Comme tu veux, mais tu vas crever de chaud.
Je ne réponds pas et le contourne pour aller enfiler mes baskets. Travailler et parler aux clients me permet de me vider la tête.
Je sors et marche vers le magasin de la cité dans lequel je travaille. J'ouvre la porte arrière et me faufile dans la réserve, j'allume les lumières et met mon tablier de caissière. J'arrive enfin dans la boutique, j'ouvre la porte et le volet qui était fermé à demi. Je me place derrière la caisse et divague vite à mes pensées profondes.
[...]
18h30, j'ai eu pas mal de clients aujourd'hui, ça m'a occupé l'esprit. Je range un peu les rayons et l'arrière de la caisse, comme ça je pourrais partir plus vite après.
Je lève la tête quand on entre dans le magasin et que la sonnette s'active. Mon cœur bat à une vitesse affolante quand je vois mon agresseur avancer vers moi. Il a un sourire aux coins des lèvres alors que je me recule par réflexe. Je suis derrière la classe alors il ne peut pas me toucher. Enfin pas encore.