Mais alors que je m'apprête à partir, une voix m'arrête.
Mme Larson - Léna...
Je ferme les yeux un instant avant de me retourner.
Mme Larson - Si jamais tu as besoin de parler... Je suis là.
Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Alors, je hoche simplement la tête avant de tourner les talons et de disparaître au bout du couloir.
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PDV/Mme Larson
Je la regarde s'éloigner, son dos raide, ses épaules tendues sous le poids invisible de ce qu'elle refuse de partager. Le bruit de ses pas s'efface peu à peu dans le couloir, et je reste figée, la main encore posée sur la clé dans la serrure.
Pourquoi ai-je insisté autant ?
Un soupir m'échappe alors que je me laisse tomber sur le bord du bureau. Mon cœur bat encore trop vite. J'ai mal agi, j'en ai conscience. Forcer Léna à parler alors qu'elle était manifestement au bord de l'effondrement... Quelle idiote je fais.
Je passe une main dans mes cheveux, essayant de remettre de l'ordre dans mes pensées, mais elles se bousculent sans me laisser de répit. J'aurais dû la laisser partir plus tôt. J'aurais dû lui laisser le choix. Mais... quelque chose chez elle me pousse à vouloir briser ses barrières, à chercher à comprendre ce qu'elle cache derrière ce regard plein de défi et de douleur.
Lorsque je l'ai sentie trembler, lorsque son souffle est devenu saccadé et qu'elle s'est effondrée dans mes bras, une vague d'angoisse m'a envahie. Je l'ai tenue, murmuré des mots apaisants sans même réfléchir. Mon corps a agi avant mon esprit, comme s'il savait quoi faire avant que je ne prenne conscience de la situation. Et cette sensation... ce besoin instinctif de la réconforter... c'était plus qu'un simple réflexe d'enseignante. Qu'est-ce qui me trouble autant chez elle ?
J'ai vu des élèves en détresse auparavant. J'ai toujours essayé d'être présente, de les soutenir, mais avec elle... c'est différent. Il n'y a pas cette distance professionnel que je m'efforce de maintenir avec les autres éleves. Il y a cette tension étrange entre nous. Son regard brûlant, sa voix chargée de colère et de douleur, et ce frisson imperceptible que j'ai ressenti quand ma main s'est perdue dans ses cheveux pour l'apaiser.
Non. Ce n'est pas... Ça ne peut pas être ce à quoi je pense.
Je secoue la tête, comme pour chasser cette pensée dérangeante, puis me lève. Ce n'est pas le moment de m'attarder sur des questionnements absurdes. Ce qui compte, c'est que Léna aille bien.
Et pourtant, alors que je range quelques dossiers pour me donner une contenance, mon esprit refuse de lâcher prise.
Pourquoi est-ce que son absence laisse un vide si pesant dans cette pièce ?
Je soupire encore une fois et jette un coup d'œil vers la porte, comme si elle allait soudainement revenir.
Léna Smith... qu'est-ce que tu es en train de faire de moi ?
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PDV/Léna
Le vent caresse mon visage alors que je fixe le ciel. Le toit de l'école est mon refuge, mon seul endroit de répit quand le monde devient trop bruyant, trop pesant. Mon esprit est en vrac. Je devrais me sentir soulagée d'être seule, mais au fond, un poids pèse sur ma poitrine. Mme Larson... Pourquoi est-ce qu'elle insiste autant ?
Je repense à ses bras autour de moi, à la douceur de ses paroles. Un frisson me parcourt, et je serre mes genoux contre moi. Elle me perturbe. Pas parce qu'elle veut m'aider-non, d'autres ont essayé avant elle et j'ai su les repousser. Mais elle... elle s'infiltre dans mes pensées, elle force un passage là où je ne veux laisser entrer personne.
Je ferme les yeux un instant. Si seulement elle pouvait comprendre que c'est mieux comme ça. Qu'elle me laisse tranquille. Qu'elle arrête de me regarder avec cette inquiétude sincère... car c'est bien ça qui me déstabilise le plus.
Je me redresse légèrement lorsque j'entends des pas précipités derrière moi. Jérémy.
Jérémy - Léna ! J'ai cherché partout... Qu'est-ce que tu fiches ici ?
Dit-il essoufflé.
Je détourne le regard, incapable de croiser le sien.
Léna - Rien t'inquiète pas. J'avais juste besoin d'air.
Jérémy - Je vois bien que quelque chose ne va pas Léna. C'est à cause de Mme Larson ?
Dit-il avec un air inquiet.
Je serre la mâchoire, mal à l'aise. Je sais qu'il ne lâchera pas l'affaire, mais je ne veux pas en parler. Pas maintenant.
Léna - Je t'ai dit que ça allait, Jérémy. Laisse-moi s'il te plaît.
Il reste silencieux un instant, blessé par mon ton froid et finit par soupirer et reculer d'un pas.
Jérémy - D'accord... mais si jamais tu veux en parler, je suis là. Toujours.
Je ne réponds pas. Il attend encore quelques secondes avant de partir. C'est difficile pour le moment surtout aprés ce qu'il vient de ce passé.
Mais je sais que quand j'en aurais besoin il sera là comme toujours.
La culpabilité me ronge, mais je ne peux pas faire autrement. Je ne veux pas de sa pitié, ni de ses questions. Pas maintenant.
...(1h plus trad)
Le bruit de la porte qui s'ouvre à nouveau me fait sursauter. Je ne me retourne pas, mais je sais déjà qui se tient derrière moi.
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Pourquoi moi ? (En Pause)
Romance"Que se passerait-il si cette femme froide mais ennivrante s'approche de moi ?" Je suis nouvelle dans le milieu et ceci est ma première histoire. Je vous souhaite une bonne lecture ! PS : Il s'agit d'une histoire prof / élève.
