CHAPITRE 50

63 6 0
                                        

ALLISON

- Est-ce que tu as dit à ton frère que tu me voyais en ce moment ?

Il se met à sourire et je retiens ma respiration. J'ai déjà terminé mon premier verre de vin, et comme je n'ai pas beaucoup mangé, il pourrait très vite me faire tourner la tête.

- C'est plutôt Mia qui lui a dit. Il a essayé de me tirer les verres du nez et il s'est bien foutu de moi.

- Pourquoi ? Parce que tu ne voyais jamais deux fois la même fille avant de me rencontrer ?

- Oui, on peut dire ça. J'étais le premier à me foutre de lui quand il voyait Mia.

- Avec combien de filles as-tu couché ?

Son regard accroche le miens et je vois toutes sortes d'émotions passer à travers son visage. Il ne s'attendait pas à cette question. Pourtant, il semble sérieusement réfléchir. Je n'aime pas du tout l'imaginer coucher avec une autre fille, mais j'avais envie de lui poser la question.

- Pour être honnête, je n'en ai aucune idée. J'ai arrêté de compter depuis longtemps, mais beaucoup.

Il n'a pas l'air gêné en disant ça. En fait, je le savais déjà. C'est fou de coucher avec tellement de filles au point d'en oublier le nombre. Moi, je peux encore largement compter sur les doigts de ma main.

- Tu n'as jamais eu envie de revoir une fille après avoir couché avec elle ?

- Il m'est arrivé de coucher quelques fois avec la même fille, quand même. Surtout en France.

- Ah oui ? Tu es resté combien de temps en France ?

- Deux ans.

- Deux ans ? je répète, surprise. Pourquoi est-ce que tu es allé là-bas ? Je comprends mieux pourquoi tu as deux ans de plus que moi.

Il prend une grande inspiration avant de hausser les épaules. Il tend son bras pour saisir la bouteille de vin sur la table et nous resservir un verre. Je ne sais pas s'il essaye de gagner du temps, mais il attend de longues secondes avant de me répondre.

- On a eu quelques problèmes avec des mecs ici. Mon père a voulu nous éloigner de Los Angeles un moment. Mes grands-parents devaient partir à Paris à ce moment-là, alors on les as accompagné. Finalement on est resté plus longtemps que prévu.

- Quand tu dis « on », j'imagine que c'est ton frère jumeau et toi ?

- Oui, c'est ça.

- Et vous aviez quels genres de problèmes avant de partir ?

Je le remercie quand il me tend mon verre plein. Bizarrement, il a l'air disposé à me parler, ce soir. J'ai quand même l'impression de marcher sur des œufs. Je n'ai pas envie de le mettre de mauvaise humeur, mais je ne peux pas m'en empêcher : il m'intrigue.

- En fait, on en avait des tas, il lâche avant de se reculer dans le canapé.

Mon regard est attiré par sa chemise qui se plaque contre son torse magnifiquement dessiné. Il est vraiment bien foutu, c'est fou. Toutes les filles devaient être à leurs pieds, en France, que ce soit Liam ou Josh.

- C'est une partie de ma vie que j'aimerais oublier, mais effectivement, on a dû partir car on risquait notre peau chaque seconde où on sortait de la maison de mon père. Mon plus grand frère s'est mis à traîner avec des mecs louches, une bande organisée, en fait, et on s'est mis à traîner avec eux aussi. On était jeunes et bêtes, mais on avait l'impression d'avoir le monde à nos pieds, jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'était beaucoup dangereux. Quand on a essayé de s'éloigner, ils ne nous ont pas laissé faire. On a reçu beaucoup de menaces, ils nous faisaient du chantage, ils essayaient par tous les moyens de nous faire peur, jouant sur nos vies. On a finit par en parler à notre père, même si on avait peur que ça lui retombe dessus. Mon grand frère a finit en prison et mon père nous a aussitôt obligé à partir en France pour ne pas qu'il y ait de répercussions sur nous.

JOHNSON - Fuis-moiDes histoires addictives. Découvrez maintenant