Qu'ai-je fais que de mériter le malheur que de voir ? Que dis-je, de Te voir ?
Les aveugles ont bien de la chance de ne pas posséder cette horreur que la vue. Il te montre tout ce qui est horreur, tout ce qui est disgracieux. Je ne vois que les ténèbres, un noir sans fin dans l'âme humaine. La vue, quelle malédiction pathétique. Ce n'est pas un don, je vois mieux la saleté que la propreté. Je vois la minuscule tache sur un propre immaculé. La nature de l'homme m'apparaît en pleine face lorsque mes yeux se posent sur une créature aussi désinvolte. Je vois de la jalousie, ils te disent que tu es le meilleur, ils t'aident, mais tout cela, quand tu y regardes de plus près, tu vois une noirceur. Je vois du mensonge, des paroles fausses, des actes manqués, des mots qui ne sont pas tenus, et une amitié qui respire la fausseté. Je vois de la haine, ils ne veulent pas que tu évolues plus qu'eux, ils veulent de voir toujours en bas, ou du moins en dessous d'eux. Ils font semblant de t'aider, mais quand tu es sur le point de les dépasser, ils cassent le socle sur lequel tu étais posé et te voilà à joncher le sol. Je vois de la souffrance, une souffrance sans fin que chacun endure en silence. Ne voulant pas que les hommes s'en servent pour les enfoncer encore un peu plus.
Qu'ai-je fais que de mériter le malheur que de t'entendre ? Les sourds ont de la chance. Une réelle chance que de ne pas entendre les hommes. J'en fais des cauchemars. Les mots que les infidèles disent à leur amant(e)s, une véritable honte. Des mots que disent les murs lorsque tu t'en approche, un véritable dégoût. Des planifications de meurtres, un véritable carnage. Mes oreilles me sifflent, ils bourdonnent, ils répètent les mêmes paroles en boucles, non stop. Comme pour me signaler de cette malédiction. Mes oreilles saignent, ils sont en pleine inflammation chroniques, causé par cette pathologie qu'est l'Homme.
Qu'ai-je fais que de mériter le malheur que de te sentir ? Je sens tout, le mensonge, la honte, la peur. Oui la peur, la plus pire de toutes. Celle qui fait naître toute odeur négative. Celle qui est à la base de tout. Oui. La peur. Par peur nous faisons l'impensable. Par peur nous mentons. Par peur nous jalousons. Par peur nous tuons. Par peur nous planifions. Et quand on a peur, on fait tout ce qu'il faut.
Je n'ai vu que ça dans l'homme. Je n'ai vu que ces côtés disgracieux. Ils sont si visibles que j'ai du mal à les colmater. Ils sont comme des fissures. J'en vois sur chaque hommes, chaque femmes, chaque enfant. Elles sont grandes, larges, immenses. Lorsque je vois ce qui se cache à travers, je comprends mieux les aveugles. Quand j'entends les mots qui sortent de ses fissures, mes oreilles bourdonnent. Quand je sens ce qui s'en dégage, mon odorat est troublé. Alors comment pourrais-je voir la bonté humaine à travers autant de failles ? A travers autant de disgrâce ? A travers autant de honte ? Dans ce cas qui suis-je moi ? Ne suis-je pas un humain ? Alors pourquoi j'arrive pas a voir mes propres fissures ? Je suis intacte. Sans fissures. Aucune odeur ne se dégage de moi. Je ne vois rien d'affreux, à part un vide sans fin. Je n'entend rien, à part un silence infernal. Alors qu'est-ce qu'il y'a qui cloche chez moi ?
La fissure est réelle. Mais moi, j'en ai pas...
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Ma Dépression
PoetryJe l'ai laissé rentrer...j'étais brisé... aucuns repères... aucunes boussoles... dans l'ombre... j'ai alors décidé d'écrire pour espérer me sentir vivant... avec elle à mes côtés... me soufflant des mots... pour embellir mon mal être... de ma dépres...
