Camélia.

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Les bras croisés, le regard perdu au loin. J'étais seule. Comme je l'avais toujours été. J'avais froid. Je fixais un groupe d'ami qui riait fort en sortant des délires incompréhensibles pour moi. Même si j'étais vraiment normale je ne les comprendrai pas. Alors à quoi bon ? Je ne suis peut être pas faite pour m'entendre avec les gens de mon âge.
Je n'avais qu'une envie: retrouver Yassine après les cours. Je n'avais rien de spécial à lui dire. Mais je voulais me sentir exister. Je voulais voir que lui me voyais.
Camélia s'agitait toute seule dans ma tête, elle avait une folle envie de tuer tout les gens qui bougeaient dans le lycée. Elle était un peu agoraphobe mais je ne la laisserais pas prendre le contrôle. Je sais me contenir. Et la contenir.

Camélia: L...laisse moi juste tuer cette fille là. Regarde comme elle est appréciée. Regarde comme elle a tout pour être heureuse. Elle n'a jamais dû connaitre le malheur. Laisse moi lui apprendre.

Ravale ta jalousie. Tu ne tueras personne. Ce n'est pas comme ça qu'on sera accepté Camélia.

Camélia: Ah parce que tu as encore l'espoir de l'être ? Quel optimisme, tu m'impressionnes.

Le hurlement de la sonnerie me fit sursauter, cela fit rire quelques garçons près de moi. L'esprit égaré, je baillais en regardant le ciel.
J'aimerais pouvoir voler. J'aimerais caresser les nuages.
Mes pieds trébuchèrent sur  je ne sais quel objet au sol. Mon corps fut éjecté en avant mais je parvins à éviter la chute en heurtant malencontreusement une fille devant moi. Elle s'écroula au sol, ses boucles rousse valserent au même moment. Son sac se vida sur le sol. Les autres élèves allaient l'aider,  ses amis.
À ma grande surprise ce ne fut pas le cas, un garçon donna même un petit coup de pied dans un de ses cahier que je m'empressais d'aller chercher.

" tien je suis désolée ! "

Elle m'arracha le cahier des mains, ses yeux verts pommes me gelèrent le corps entier tant son regard  était agressif. J'étais alors figée sur place.

" Pourquoi tu m'as poussé ?! J'avais réussi à ne pas me faire remarquer  ! Toi aussi tu es dans le groupe des salopes qui veulent que je me pende parce que j'suis rousse hein ?! "

Mes yeux s'ouvrirent en grand en écoutant son discours. Camélia s'énervait toute seule.

" Tu pourrais dire merci, connasse. "

Les paroles de Camélia avaient brisées la barrière que je me construisais pour éviter qu'elle prenne le contrôle elle même. 
La fille en face de moi se dépêcha de glisser ses affaires dans son sac avant de se relever rapidement et de me regarder de haut.

" Vous devriez tous aller crever. "

Elle me tourna le dos pour suivre le groupe déjà loin pour aller en cours.

Camélia : Elle l'avait bien cherché.

Tu aurais pu te retenir... Ça fait mal ce genre de réponse et ça va pas aider pour s'intégrer .

Camélia: Quel pauvre petite gamine naïve tu fais...

Je continuais d'avancer, le regard rivé vers le sol. J'étais en retard maintenant, la porte du cours en question était déjà fermé.
Prête à se faire remarqué ?
Quel vie géniale j'avais...

" Excusez moi du retard. "

La professeure me lança un regard noir et m'indiqua une place vers le fond. Je m'y installais les yeux baissés, j'avais l'air d'un chien que l'on envoi au panier. J'ai horreur de ça. Enfin, surtout Camélia , elle se réveille souvent lorsque on me traite de la sorte.
Camélia avait donc prit le contrôle, sans que je puisse le lui en empêcher.

Travailler ?! Vous ne la connaissez pas, jamais elle ne travaillera en cours, c'est Camélia.

" Mademoiselle la retardataire. Pouvez vous répéter ce que je viens de dire ?"

Et merde... Ça va encore mal finir, pourquoi on remarque tant que ça Camélia.

" Non."

" Et pourquoi ça je vous prie ? "

" Parce que j'en ai rien à foutre de ce que vous dites."

Mon coeur s'accéléra soudainement.

Camélia ! On va avoir des problèmes !

Camélia : Elle me cherche aussi.

La femme plantée devant le tableau d'un noir aussi intense que ses yeux devint alors rouge de colère. Ses mouvements devinrent vifs et tremblants.

" Sortez d'ici. "

" Okay. "

Camélia me rendit le corps, et je pris mes affaires avant de m'avancer vers la porte de sortie. J'allais me faire exclure à chaque cours ?

" Attendez. Passez voir le directeur. "

Un frisson gelé parcouru le long de ma colonne vertébrale,me figeant la poignet dans la main.

" B...Bien."

Je claquais la porte en sortant, avançant lentement vers la salle du directeur.

Camélia tu veux me ruiner ma vie en fait ?

Camélia : Je suis désolée Anastasia...

Dommage, c'est trop tard.

J'étais  face à face avec la porte blanche de la salle du bureau du directeur.
Derrière cette porte se trouvait la personne qui allait certainement me hurler dessus pendant une bonne demi-heure.

Ma Réalité.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant