Chapitre 9

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"On est arrivées ! Dépêches toi !"

Je n'ai pas le temps de regarder dehors qu'elle me prend la main et m'entraine hors du train. Je pousse une exclamation d'émerveillement en découvrant ce qu'il y a sous mes yeux.

"C'est ..."

* * *

"C'est beau, hein ?", me demande Léna avec un sourire en coin et les yeux pleins de malice.

"Oui c'est impressionnant ! C'est la ville la plus belle que je n'ai jamais vu !" dis-je encore sous le choc d'une telle splendeur.

Et j'ai toutes les raisons de l'être ! Cette ville est l'exact opposé de Cueropuro ! Là-bas où tout était blanc et neutre est remplacé ici par une explosion de couleurs. C'est un véritable arc-en-ciel qui défile sous mes yeux. Il y a des bâtiments bleus, verts, rouges, oranges, jaunes et j'en oublie ! C'est presque comme une symphonie chromatique dans ma tête !

"Tu sais, ça me fait un peu penser à la fête au Portugal, où il y a une multitude de parapluies multicolores dans les rues. Ou encore les lancés de poudre de toutes les couleurs en Inde. Cette ville est vraiment magnifique !" lui dis-je en lui rendant son sourire.

"J'étais sûre que cela te plairait !", me dit-elle en me prenant la main."Viens il faut qu'on se dépêche d'aller au rendez-vous !"

Je ne comprend toujours rien : "Mais quel rendez-vous enfin ?"

Elle arrête un instant sa course, me faisant presque tomber et me dit : "J'ai conscience que tu as beaucoups de questions auxquelles tu voudrais des réponses. Seulement c'est à la personne avec qui nous avons rendez-vous d'y répondre ! Alors peux-tu patienter encore quelques minutes ? "

Je ne l'avais pas remarqué jusqu'à maintenant, mais je peux voir des marques de fatigue sur son visage. J'acquiece donc sans un mot et nous reprenons notre marche.

Même en courant, je ne fais que regarder autour de moi. Nous nous engageons dans des rues de plus en plus petites, mais toujours aussi jolies.
En plus des couleurs des bâtiments, il y avait aussi des milliers de fleurs de toutes les couleurs ! Leur parfum envahit mes narines à mesure que l'on s'enfonce dans la ville.

Au bout d'environ un quart d'heure, nous passons sous une arche entièrement fleurie et nous arrivons dans une sorte de minuscule jardin, caché au reste du monde. Ce décor est presque féerique ! Il y a un petit bassin avec des fleurs posées sur la surface limpide de l'eau, des fleurs de toutes les couleurs recouvrent les murs. Ceux-ci sont blancs et font donc ressortir les autres couleurs (bien que le blanc ne soit pas considéré comme une couleur en tant que telle).

Émerveillée par ce qui m'entoure, je ne me rends pas tout de suite compte qu'il y a quelqu'un d'autre que nous dans le jardin. C'est seulement lorsque j'entends la voix de Léna que je la vois.

C'est une femme entre deux âges, aux longs cheveux noirs remontés en une queue de cheval complexe. Il y a comme un éclat de tristesse et de mélancolie dans son regard.

Alors que je m'approche doucement d'elles, la femme se tourne dans ma direction et reste un moment sans réaction, les yeux écarquillés.
Soudainement, elle se retourne vers Léna et lui demande d'une voix tremblante :

"C'est elle ? C'est vraiment elle ? Non ... Elle ne peut être aussi jeune ... Mais comme elle lui ressemble ! Se pourrait-il qu'elle soit alors ?!"

Juste à la suite de ces mots, Léna acquiesce en regardant dans ma direction.

Je comprends vraiment que dalle là ... Oui bah on a compris hein ! Ça fait depuis le début que tu j'arrive pas à suivre ce qu'il se passe, tu me fais presque pitié...
Oh toi on ne t'as pas sonné la conscience ! Je n'ai pas besoin de ton aide pour me rendre compte de ça !
Mais tu ne peux pas te passer de moi, vu que tu continue toujours à me parler.
Et bien pas cette fois !

Je laisse ma conscience de côté pour aller parler avec Léna et faire connaissance avec cette femme.

Je m'avance donc vers elle en lui tendant la main :
"Bonjour, je m'appelle Abby et je suis enchantée de vous rencontrer."

Elle me regarde de plus près, comme si elle avait vu un fantôme, en chuchottant : "Elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau ! Seulement, elle n'a pas la couleur flamboyante de ses cheveux... Pourtant...".
Mais qu'est ce qu'elle me veut ? Peut-être qu'elle te connaît? Bah en tous cas moi je ne la connais pas ! Eh ! Mais on t'as pas sonné... Qu'est ce que tu fais là ?! Je te l'avait dit, tu ne peux pas te passer de moi ! Pff c'est ça... stupide conscience !

Voyant qu'elle ne me répond pas, Léna prends l'initiative de le faire à sa place :
"Abby, je te présente Eleanor. Elle travaillait au château avant..."

Eleanor étant toujours très proche de moi, je peut alors me rendre compte que ses yeux sont d'une teinte se rapprochant du doré. Ses prunellessont comme deux petits soleils paillettés.

Elle sursaute lorsque je réponds à Léna.

"Au château ?! C'est vrai ? Lequel ?Avant ? Mais avant quoi ?!" dis-je presque en criant. Je vais enfin avoir des réponses à mes questions.

Eleanor se met alors à m'expliquer :
"Ici nous sommes à Nijiiro, la capitale de ce royaume, mais tu le sais déjà n'est-ce pas ?", elle attend que j'acquiece avant de continuer. "C'est ici que se trouve le palais royal, où je travaillait avant. Avant quoi ? Et bien, il y a environ une dizaine d'années, peut-être même un peu plus, quelqu'un renversa la famille royale. L'ancien roi est apparemment toujours retenu prisonnier dans les geôles du château. Pour ce qui est de notre reine bien-aimée, elle a disparut. Nous pensons quelle s'est enfuie, mais il lui est peut-être arrivé quelque chose..."

Je bois ses paroles, les yeux et la bouche grand ouverts. C'est fou ! On se croirait dans un roman !

"Et pourquoi vous ne travaillez plus là-bas ? Pourquoi le roi actuel a-t-il fait cela ?"

"Si je ne travaille plus là-bas c'est que je ne pouvais plus supporter de servir un homme comme celui qui est à la tête de ce pays... Il l'a fait par avidité, car il voulait avoir le pouvoir. Si en apparence tout a l'air calme et de bien se passer, c'est le contraire. Les gens en ont marre, ils voudraient bien que l'ancien roi reprenne ses fonctions, comme au temps où le royaume prosperait ..."

C'est horrible ! Si seulement ...
"Et on ne peut rien faire ?"

Eleanor me regarde avec un dubitatif : "Moi je ne peux rien faire mais ...", elle hésite quelques secondes, mais voyant que je l'encourage d'un léger mouvement de tête, elle continue.

"Mais toi, tu peux nous aider ! Tu es même notre seul espoir !"

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Voilà voilà ! Ça fait longtemps que je n'avais pas écrit... J'espère que ce chapitre vous aura plu.
Dites moi ce que vous pensez de ma façon d'écrire et de l'histoire en elle même, que faut-il améliorer ?

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