Titubements

5 1 0
                                    


14 Février 2018

L'art contemporain m'avais toujours parut inaccessible et faux, jusqu'à ce que je le comprenne enfin. Pour réussir à comprendre, à accepter et à ressentir un tel art, il faut oublier tout ce qui nous semble rationnel et vrai, et nous pencher sur nos émotions, et seulement elles. Des sentiments, ressentis, les plus simples aux émotions les plus complexes. Il faut faire le vide autour de nous, et nous concentrer que sur elles. Voir plus loin que la réalité. Je n'avais pas compris ça avant de commencer mon œuvre « faille temporelle », et d'avoir une longue réflexion sur ce qu'est que l'art et ce que je pouvais faire, moi. J'ai compris à quel point il fait appel aux émotions lors de mes expérimentations avec le verre. J'ai commencé mon installation : six mètres de tissus noir pour absorber toute la lumière présente, et un miroir au centre de cet espace de vide lumineux, miroir qui représente, qui reflète la lumière. Ici il ne reflète qu'un néant noir. Alors, pour que cet espace ne soit pas totalement dépourvu de lumière, j'ai placé des fragments de verre bien choisis, qui eux, vont voyager la lumière à travers leurs bords escarpés, leur aspect cristallin et dur, presque irréel. Les poser sur un faisceau de néant noir, et voir la lumière, dont on avait l'impression qu'elle émanait, se refléter sur un miroir noir, créant ainsi une sorte d'ombre lumineuse, cristalline, comme du diamant, ça m'a fait comprendre que c'était ça l'art : chercher à provoquer cet ouragan de sensations, en faisant appel à la perception sensible de la personne qui verra l'œuvre, et la transporter dans un monde où c'est ses émotions qui la gouverne, un monde où le réel n'a plus lieu d'être, et où seules les sensations comptent. Je pense que ça marche particulièrement avec une personne, qui, comme moi, en a souvent marre des choses matérielles, des choses réelles et parfois futiles, qui ne trouve que son bonheur dans l'amour, les sensations et les émotions, toutes les perceptions sensibles nouvelles.

Voici le premier élément de cette faille temporelle. Des éclats de verres, qui, déjà à eux seuls me provoquent toutes ces choses. Je pense que l'effet sera déjà amplifié par la fumée, qui va encore plus transporter la personne, et qui elle aussi, transportera un peu de lumière blanche. Je veux un jeu total de lumière, je veux qu'elle soit unie par certaines caractéristiques : des formes dures et inconnues, sortant du réel, des gouttes, du verre, un néon clignotant, du plâtre. Qu'elle soit blanche, donc neutre et universelle. Je veux qu'elle fasse contraste avec les objet que la personne connaîtra, les objets anciens, aux formes douces et inoffensives, aux formes familières qui le rassurera. Je veux qu'il trouve d'autant plus inconnu et étranges les autres choses, les choses inconnues, qu'il connaîtra les autres objets. Il va croire qu'il pourra s'y référer, s'y raccrocher dans cet univers inconnu, mais le contraste de noirceur et de blancheur, et toutes ces formes inconnues, ces sensations inconnues, vont l'engloutir dans un monde où il sera tout seul, comme perdu dans le temps et au-delà du temps.

18 Février 2018

Hier nous nous sommes occupés du tube néon, lumière principale de l'installation. Pourquoi une telle lumière ? Tout d'abord car elle est futuriste et étrange, j'ai toujours été fascinée par les tubes au néon, cette lumière très blanche, pure, dans un tube en verre étrange, inconnu, où l'on ne voit pas d'où provient la lumière. En plus, c'est le seul dispositif lumineux à créer et à maintenir, contrôler un éclair. Cela correspond parfaitement à notre thème. Un éclair, qui dure quelques millièmes de secondes, maintenu le temps qu'il nous est gré. Nous retrouvons donc, rien qu'au sein de ce tube fluorescent, la dualité de l'instant et de l'éternité du cristal, mais cette fois ci, c'est instant maintenu en éternité. Cet endroit, la faille temporelle, doit être le lieu d'égarement de tous les temps, parfois des instants maintenus perpétuellement, parfois des époques confondues et figées dans l'instant éternel, parfois des objets intemporels, immobiles, dans une fumée qui bouge très lentement.

J'ai volontairement laissé apparaître les fils du tube néon, pour ajouter du chaos à la scène. Une immobilité permanente, un instant figé, des époques enchevêtrées les unes sur les autres, ça doit avoir eu lieu avec un choc, un big bang, le début des temps, et ici, leur égarement.

La matière du sol a évoluée dans mon esprit, peut être qu'un sol en deux dimensions uniformément constitué de miroirs est un peu trop simple et ne reflète pas assez cette notion cristalline et de chaos. Alors, je pense rajouter beaucoup de plaques de verre et de miroirs divers, dans le but de créer comme des cristaux plats, comme débris tous carrés, qui créerait un sol très cristallin et très vieux.

La failleWhere stories live. Discover now