Le prix allait s'annoncer fort cette fois. Cette dernière veste est beaucoup plus confortable, mieux repartit sur les côtés. La couleur y est même mieux teintée. Ici, le noir fait impression, il s'assemble parfaitement avec mon pantalon, ma chemise et mon gilet, eux aussi de couleurs assorties.
Un seul regard vers le miroir et mon impression se confirme. Mon père lui aussi me fixe, moins dubitatif que pour l'essai précédent. Il se tient le menton le bras en appuie sur l'autre qui lui tenait la taille. La vendeuse de rayon, tient toujours dans ses bras enrobés les autres vestes. Elle me dévisage avec autant de passion que mon père. Je la vois hésiter puis ouvrir la bouche :
— Ah oui, là, la veste vous va encore mieux. Ne serait-ce qu'au niveau de vos épaules, et du ventre. La veste a été conçue pour le jeune homme. Par contre le prix...
— Ça va aller ne vous inquiéter pas pour ça, remarque mon père. Je ne veux pas que l'argent soit un frein pour James, surtout si ça l'empêche de me ramener une fille, finit-il avec le sourire et un léger rire.
— Très bien, réponds alors la vendeuse, si vous n'avez rien à ajouter, on va pouvoir aller en caisse une fois que le jeune homme aura enlevé ses habits.
Je retourne avec hâte dans la cabine pour me déshabiller, rendre mes vêtements à la vendeuse et quitter en peu de temps cette endroit plein d'habits majestueux, des costumes hors de prix.
Je tends mes habits à la dame qui attend dehors, elle s'empresse de me les retirer de ma main pour aller les passer sur le tapis de caisse et réaliser sa vente de la journée. Je prends ensuite le temps de réajuster correctement mes vêtements, de lasser mes chaussures et de boutonner les boutons de mon polo. Ensuite, je me donne quelques minutes pour consulter mes messages et les actualités de mes amis.
J'ai eu beau mettre déconnecter du monde numérique pendant moins de quarante-cinq minutes, à première vue, j'ai plutôt l'impression d'avoir louper un tournant de l'histoire. Près de six posts de mes potes, le double voir triple de stories publiés. Je consulte alors ces derniers pour faire le point. Prenant aussi la direction de la caisse pour y retrouver mon père et la caissière. Presque sans un regard, mon père me tend les clés de la voiture. Je les saisis et sors de la boutique.
L'air extérieur me fait un grand bien. Je déverrouille la voiture de mon père, une Mazda noire mate, acheté tout dernièrement pour frimer devant ses camarades de boulot, je suppose.
Je m'assoie à la place passager, je m'accorde quelques instants de calme et de repos. Le répit se fait rare ces derniers jours. Entre la préparation pour le bal, les invitations des plus belles filles du lycée à refuser et les commentaires de mon père à affronter, ce n'est pas de tout repos. Je n'ai plus le temps de rêver, la réalité s'impose à moi de façon à me faire réagir. Je ne me contente plus de penser à l'amour simplet désormais, c'est l'amour-propre et véritable que j'attends.
Mon père approche, un immense sac d'une main. Il tient son iphone de l'autre, parle avec expressivité. Il se dirige vers le coffre, l'ouvre et y dépose le paquet avant de venir s'installer devant avec moi. Je lui tends les clés, qu'il s'empresse d'enfoncer pour démarrer la voiture d'un léger bruit de moteur.
Le smartphone toujours en main, j'entends presque le souffle de son interlocuteur tellement le son est monté fort. Ce dernier semble en colère, ça s'entend dans les timbres de sa voix. Il parle vite, crachant sur certains mots, usant d'un vocabulaire hors du mien.
Mon père s'impatiente, lance un juron avant de raccrocher violent et de poser son téléphone hors de prix au milieu de la voiture. Je le dévisage, son visage commence à changer lui aussi. Ce n'est plus celui de quand jamais dix ans. Il a pris des rides, certain de ses traits sont accentués. Ses cheveux commencent à grisonner, encore plus depuis qu'il a accepter le poste de Directeur Général. Ça fait plus de dix ans, aussi loin que je m'en souvienne, que mon père travaille dans l'entreprise qu'il dirige maintenant. Sa carrière reste sans aucun doute exceptionnelle, il a atteint ce que tout autre employé tente d'obtenir.
Et depuis, il s'est fermé, son rire semble faux, son sourire forcé, ses paroles réconfortées sont celles qu'ils donnent à ses actionnaires. Mais entre tout ça, mon père est toujours là, quelque part derrière son nouveau masque. Depuis qu'il est Directeur, notre vie à la maison est beaucoup mieux. On a enfin pu changer notre vieille nissan, faire revenir oncle Tom d'Australie pour qu'il nous revoient enfin. Refaire le jardin, cloîtrer notre maison d'élégants panneaux d'aluminium. La décoration que je connais depuis petit à enfin pus être changé en un style new-yorkais beaucoup plus moderne.
Je sais que maintenant tout est ouvert devant moi pour que je réussisse. J'ai le soutien inconditionnel de mon père ainsi que celui de ma mère et mes frères et ma sœur. Autant commencé par le bal pour me donner un nouveau souffle.
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James.
Roman pour AdolescentsÉlève de lycée, James Chaney, va danser au bal de son lycée pour accompagner ses amis. Son père, souhaite le voir revenir le téléphone plein de nouveau contact. Le soir du bal, James rencontre Rachel mais aussi Paul, comment alors une drôle de renco...
