Le saut

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Inspire... Expire... Inspire... Saute. La tête relevée, mes yeux ne captent que le monde étoilé autour de moi. Cette voûte céleste dont la beauté me fascine. Je tombe et ma chute me paraît merveilleuse. J’ai l’impression de voler, je tend les bras. Mes doigts se referment sur l’air. Glissant et joueur, celui-ci s’échappe de mes mains. Je refuse de baisser les yeux, le sol n’existe pas. La terre que je sentais plus tôt sous mes pieds n’est qu’une illusion. Tout ce qui est dur, palpable, ce qu’on appelle réalité, n’est plus. Je ferme mes yeux, les sensations sont si fortes. Cet espace d’air est si pur. La pollution n’existe pas dans les cieux. Qu’elle soit sonore, visuelle, olfactive... Ici, la pureté des éléments marque le règne de la beauté. Mon cœur manque un battement, puis deux. Je crois que je commence à avoir peur. J’entends des bruits, des sirènes. Je ne suis pas encore morte pourtant. J’ouvre les yeux, je vois le bitume à mes pieds . Je cris.

Central Park: immense espace naturel en plein centre de New York City, mais aussi le lieu de mes rendez-vous « galants». Et devinez quoi? Il n’est pas là. Je suis posé en plein milieu du parc, près du quartier d’Harlem. J’ai une belle vue sur les grattes-ciel. L’Empire State Building domine, c’est le roi de cette forêt. J’aime cet endroit, son calme comparé au reste de la ville. Je suis bien. New York est une ville autant diurne que nocturne, et c’est ça qui me plait. Une ville avec ce qu’il me faut de nature. Je ne pouvais pas rêver mieux. J’ai décroché un petit job il y a quelques mois. Assez bien payé, il subvient à mes besoins, et je peux me permettre des petits plaisirs. La librairie à côté, j’y vais souvent et je feuillette, et puis je m’entends bien avec la libraire, elle me connais bien maintenant. J’ai pu m’installer à NYC, dans le quartier d’Harlem. J’ai un petit appart dans ce quartier tranquille, cadeau de la famille et des amis pour mes 18 ans. J’écris beaucoup aussi, je voudrais devenir écrivain, mais, je n’ai jamais osé proposer mes livres à des éditeurs. Le ciel est magnifique ce soir, on voit les étoiles. C’est du rare ici, c’est même exceptionnel. Les seules étoiles sont habituellement les buildings, tous suivant notre célèbres Empire State. Je rêve! Il y a une personne au sommet! Les gens autours de moi l’ont vu aussi. Elle saute!

Arthur: Au fait, tu viens ce week-end? Il y aura presque tout le monde tu sais.
Melina: Je t’ai déjà dit que je ne pouvais pas. J’emmène les enfants à Yellowstone.
Arthur: Mais tu n’es pas obligé de les emmener, Peter peut le faire. Il sera ravi de passer un peu de temps avec ses gosses.
Melina: J’ai promis à Jade et Matt de les amener, et puis moi aussi j’ai besoins d’un peu de repos. Les billets d’avion sont déjà pris, et il n’y a pas de place pour Peter. Il a décidé de se consacrer à sa carrière et de moins voir nos enfants, à lui d’assumer maintenant.
Arthur: Tu es dure avec lui tu sais...
Melina: Arthur! Tu ne vas pas me faire la morale. Il a fait son choix.
Arthur : Tu vas regretter de ne pas venir ce week-end, pour une fois que tu pourrais t’amuser un peu, boire un peu, rencontrer des gens. Et non, toi tu préfères t’enfuir dans une forêt.
Melina: Une forêt? Tu es ridicule. Et puis, tu sais bien que j’adore Yellowstone. Cette nature sauvage, il n’y en a pas partout. New York m’étouffe de temps en temps. Tu sais, je rêvais de devenir géologue quand j’étais jeune. Un rêve non réalisé, la grosse pomme m’a aspirée.
Arthur : Géologue, sérieusement? Ça paraît si ennuyeux.  Bon, alors vas-y, enfuis toi ce week-end, mais ne me dis pas que tu regrettes après.
Melina: Ce que tu peux être chiant dès fois...
Mélina: T’entends?
Arthur: Ouais, il y a quelqu’un qui crie! Où?
Melina: Lève la tête !
Arthur: Oh putain!

Oliver était aveugle depuis sa naissance. C’était plutôt rare, il le savait, mais il avait l’avantage de pouvoir se repérer très rapidement grâce à ses autres sens, surtout les sons et les odeurs. Même si lui il lui arrivait de rentrer dans des gens des fois. Il refusait la canne. C’était trop voyant. Ce jour-là, un peu plus tôt dans la matinée, Oliver avait percuté une jeune femme qui avait une odeur particulièrement charmante. Il la reconnaîtrait à coup sûr s’il la recroisait. Il avait très bonne mémoire, il ne reconnaissait pas les gens par leur physique, impossible, mais par leurs odeurs et leur voix. Il avait juste entendu le faible « pardon » de cette femme. A travers, il avait pu deviner son empressement, mais aussi sa timidité et sa confusion à ce moment là. Il sentit une odeur désagréable qui provenait d’un quartier non loin de là. Une odeur métallique. Il savait ce que c’était. Du sang. Il entendait des sirènes au loins et des cris, mais l’odeur était si forte!

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⏰ Dernière mise à jour : Aug 22, 2020 ⏰

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