20.

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Point de vue Ashley

Mon corps retomba lourdement sur mon matelas, faisant un bruit effroyable, du type semblable à un lourd grincement, pour cause, les ressorts usés de cette vieille chose qui me sert de lit depuis bien trop longtemps. J'avais le sourire aux lèvres depuis ce matin, lorsque Harry était venu me rejoindre dans ma cellule, m'annonçant qu'il allait passer la journée avec moi, puisque Zayn ne s'était pas pointé à temps. J'avais été plus qu'heureuse lorsqu'il m'avait annoncé ceci, sachant que je n'allais pas subir d'autres traitements aujourd'hui. J'avais seulement espéré que ce petit plan ne tombe pas à l'eau, car j'avais prévu une longue discussion avec lui après ce qu'il s'était produit lors de mes précédents jours à sa demeure. Même si, à l'intérieur, je bouillonnais de terreur face à l'inconnu de ses réponses à mes questions, je me lançai, mine de rien.


Mon interrogatoire fut d'une courte durée, atteignant à peine les quarante minutes, ne me laissant pas le temps de lui poser les questions qui m'étaient les plus importantes. Malgré cette déception, j'étais tout de même heureuse, car notre conversation ne s'était pas arrêtée pour un rien. Harry devait seulement commencer à préparer son fameux dîner du jour de l'An, et je m'étais portée volontaire à l'aider dans cette charité qui était nouvelle pour lui. Malgré que je ne pouvais pas aller en cuisine, ceci étant interdit pour tous les patients de l'endroit, je m'étais faufilée en douce par une porte qui était sans surveillance. J'étais consciente, à ce moment-là, que j'aurais pu être gravement punie, mais rien ne pouvait réellement m'arriver si j'étais en la présence d'Harry.


Avec lui, je me sentais invincible, comme si personne de cet institut ne pouvait m'atteindre. Du moins, je savais qu'Harry ne me laisserait rien arriver.


Zayn était intervenu durant mon interminable monologue pour expliquer quelques trucs qui me dérangeaient dans cet hôpital à Harry. Cet idiot manipulateur avait essayé de me voler à Harry, la seule journée que j'avais avec lui. Bien entendu dès que Harry parlait, on obéissait. Zayn s'était donc plié à ses ordres et nous ne l'avions pas revu de la journée. J'ai peur que demain, dès mon réveil, Monsieur Malik soit de mauvaise humeur et qu'il décide de me torturer, en trouvant une raison quelconque d'utiliser la chambre de la chaise électrique. Mais au moins j'aurai l'excuse de pouvoir m'éclipser subtilement dans la cuisine où Harry allait passer le plus clair de son temps, préparant le plus de plats variés et excellents.


Je me mis à sourire idiotement, fixant le plafond blanc nacré en face de moi. Cet institut est une merde, nous devons nous l'avouer, bien sûr. Mais de plus en plus ma relation avec Harry se stabilise, plus j'ai envie de rester. Je suis tout de même confuse face à mes propos, Harry pourrait très bien avoir une relation avec moi en dehors de l'hôpital. Je soupirai, vaincue. Je devais absolument sortir d'ici.


Une voix me tira de ma rêverie.


« Ashley ? Monsieur Malik souhaiterait vous rencontrer. Ce sera d'une courte durée, n'ayez craintes. »


Je me leva, faisant grincer de nouveau le matelas, me faisant grimacer et je marchai vers ma porte de cellule, regardant mon hôte, Zayn.


« Que puis-je pour vous, Monsieur Malik ? »


Il me sourit méchamment.


« Tendez moi votre poignet. »


Je tirai mon poignet vers ma poitrine, sur la défensive. Il avait remarqué mon bracelet. Celui de Harry.


« Ne soyez pas apeurée Mademoiselle Knight. Je veux seulement vous faire respecter la règle d'or. Aucun bijoux ne sera toléré sur le corps des patients. »


Je lui sorti l'un des sourires les plus faux que j'aie pu faire de ma vie.


« Mais va te faire foutre. » lui lâchai-je, la tête haute.


Il sourit et regarda les deux gardes derrière lui. « Enlevez lui cette breloque hideuse. »


Les deux gardes se jetèrent sur moi, me clouant au sol. Je tentai de me libérer de leur poigne massive, en vain. Ils réussirent à briser mon bracelet, faisant éclater les breloques un peu partout dans ma cellule en atterrissant dans un bruit métallique assourdissant par terre. C'était identique à briser un cœur, le passer dans une déchiqueteuse, i-den-tique. C'était le bracelet que Harry m'avait acheté, il l'avait fait faire en fonction de moi, de mon passé, de lui aussi.. Je m'effondra en larmes, regardant Zayn tenir le reste de mon bracelet, maintenant détruit, entre ses mains.


« Ne t'avises plus de flirter avec cet idiot. Compris ? »


Il me gratifia d'un coup de pied pour accompagner son ordre et je fermai les yeux sur le coup du choc brutal entre sa plante de pied et mes côtes, encore fragiles. Il se retourna et sortit de ma cellule en coup de vent. Je me relevai pour mieux m'effondrer sur mon matelas et laisser la fatigue me gagner.


-


La lumière sortant de la mince fenêtre que je possédais dans ma cellule m'aveugla, m'obligeant à me lever, m'étirant chaque muscle endolorit et baillant aux corneilles. L'inconfort de l'endroit est toujours aussi élevé. Je me levai, marchant vers mon petit évier. J'ouvris l'eau, la regardant couler, souriant. Rare étaient les patients qui pouvaient posséder un évier dans leur cellule, pourtant, cette année, c'est moi qui en ai une. Je soupirai, m'aspergeant le visage d'eau pour l'hydrater un minimum. Une infirmière ouvrit la porte de ma cellule, m'apportant un petit déjeuner, déposant le plateau d'aluminium sur mon lit. Elle me sourit doucement et partit, ne m'adressant même pas un Bonjour.


Je me retourna vers mon plateau de nourriture et je fus surprise d'y trouver un gruau qui m'avait l'air étrangement comestible ainsi qu'une pomme rouge et parfaite. Les cuisiniers avaient probablement changés de menu suite à l'inspection des spécialistes de la santé. Je souris doucement à cette pensée et prit une cuillerée de gruau. Il était parfait. Je ne mentirais guère si je disais que mes papilles gustatives dansaient dans ma bouche. Je mangea rapidement mon déjeuner, croquant à pleine bouche dans la belle pomme rouge et mûre. Lorsque j'eus terminé, un petit papier collé contre le verso de mon plateau d'aluminium attira mon attention. Je le décolla soigneusement avant de le déplier devant moi.


« Rejoins-moi aux cuisines le plus rapidement possible, je crois qu'on a un problème. H »


Je relu plusieurs fois le petit mot avant de me rendre compte que je perdais du temps, beaucoup de temps, du temps précieux. Je déposa mon plateau par terre et appela un garde, lui demandant si je pouvais aller aux cuisines me chercher quelque chose à boire. Le garde acquiesça, me guidant jusqu'à la grande cuisine comme un chien de poche. J'allai alors vers les réfrigérateurs et l'avertit qu'après avoir payé, j'irai aux toilettes faire mes besoins. Le garde naïf regarda ailleurs, se faisant un simple café. Je souris, me faufilant dans la salle des fourneaux. Monsieur Styles était debout, dos à moi. Si grand et si imposant à la fois. Il toussota et je l'entendis parler avec quelqu'un d'autre devant lui. Sa grande taille m'empêchait de voir son interlocuteur, mais je cru vite comprendre lorsqu'il fut plaqué contre un comptoir de cuisine et je vis des ongles manucurés lui agripper les cheveux fortement et une bouche rouge pétante et pulpeuse se poser sur la sienne.



Escape | Harry Styles | PAUSEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant