Une situation de proximité forcée avec quelqu'un que l'on apprécie peut s'avérer délicate. On se retrouve contraint de passer du temps ensemble, d'être proche, voire de passer des moments plus intimes avec, comme une nuit par exemple. Cependant, étant donné que cette situation est forcée, on peut douter de la sincérité de l'autre personne. Est-elle sincèrement proche de nous ou est-ce simplement parce qu'elle n'a pas le choix ? On ne peut donc pas baisser notre garde. Nous devons rester prudents vis-à-vis de cette situation pour ne pas être blessé.
Je laisse l'eau chaude ruisselait sur ma peau, ça me fait tellement de bien. J'avais vraiment besoin de ça après cette journée. J'en profite pour nettoyer mon corps, ainsi que le sang séché toujours présent sur mes plaies aux genoux. Après de longues minutes apaisantes sous l'eau, je sors me sécher. Je n'avais pas vraiment prévu que la journée se termine comme cela, donc je n'avais pas emmené de vêtements de rechange. Heureusement pour moi, Treston avait des affaires à lui dans sa voiture. J'enfile un de ses boxers et un T-shirt beaucoup trop long qui m'arrive à mi-cuisses. Cette chambre d'hôtel est plutôt classique. Un lit double, une salle de bain et une télé. Je retourne dans la pièce principale et remarque que Treston est allongé sur le lit, fixant le plafond. Il relève la tête dès qu'il remarque ma présence et son regard me dévisage entièrement jusqu'à ce qu'il se stoppe sur mes genoux.
— Viens, je vais t'arranger ça, me dit-il en se levant pour aller chercher sa trousse de secours.
— Tu as toujours tout ce qu'il faut, dis-je en souriant.
— Avec ce qu'on fait, il faut être préparé à tout.
Il commence à désinfecter légèrement mes plaies, même si l'eau avait déjà fait un bon travail. Je grimace au contact du désinfectant qui me pique un petit peu. Il me lance un regard comme s'il voulait s'assurer que tout va bien. Il place ensuite des pansements aux endroits les plus entaillés. Une fois terminé, il me fait signe que je peux m'allonger dans le lit. Nos regards se croisent une dernière fois, avant qu'il n'éteigne la lumière pour se coucher. Nous sommes tous les deux dans le lit, chacun de notre côté, et tous les deux en train de fixer le plafond. Je ne sais pas si je vais vraiment réussir à fermer l'œil. En général, j'ai toujours du mal à dormir quand je ne suis pas chez moi. Je ne sais pas pourquoi, mais ça a toujours été comme ça depuis que je suis toute petite. Parfois, Caleb restait vers moi, jusqu'à ce que je réussisse à m'endormir. Il me manque vraiment beaucoup... Et puis il y a Treston juste à côté de moi. Techniquement, ce n'est pas la première fois que nous dormons ensemble. Il y avait eu cette fameuse soirée où Luis a trompé Romy, mais on était tous les deux sous l'effet de l'alcool et de la fatigue. Je n'en ai que très peu de souvenir.
— Pourquoi tu ne m'as pas posé de questions ? surgis la voix de Treston.
— Je connais ta faiblesse, je l'ai lu. Et je comprends ce que tu ressens.
— Qu'est-ce qu'il y a d'écrit précisément sur moi dans ce carnet ?
— Si je me rappelle bien, ça disait que tu avais eu un accident de moto avec ta sœur et qu'elle en est tombée dans le coma. Il disait aussi que personne n'était au courant et que c'est depuis ce moment que tu ne veux plus rien ressentir même si c'est impossible.
— C'était vraiment un connard ton frère...
— Treston, tu ne peux pas dire ça.
— Un connard qui avait raison.
C'est la première fois que Treston admet qu'il ressent des choses. Il a toujours fait le dur à cuire à dire qu'il ne ressentait rien du tout et qu'il avait éteint ses émotions. Mais c'est faux, et il le sait. Il peut les cacher pendant un certain temps, mais il ne pourra jamais les éteindre.
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Weakness (TERMINÉE)
ActionLa faiblesse de Freya, c'est son frère. Elle l'enviait, car il pouvait vivre ses rêves ; tandis qu'elle, elle devait travailler comme petite serveuse au Riverwood. Malgré leurs cinq années de différences, elle et Caleb étaient comme des jumeaux. Ils...
