Chapitre 25

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La non-réciprocité peut parfois anéantir quelqu'un. Il y a certaines personnes que l'on n'arrive pas à voir de la même manière qu'ils nous voient. Ils aimeraient une relation amoureuse avec nous, alors qu'il est impossible pour nous de développer des sentiments envers eux. Même si cela nous fait mal au cœur, et que l'on aimerait pouvoir ressentir la même chose qu'eux, ce n'est pas possible. Nous ne pouvons pas nous forcer, le cœur parle à notre place. Malheureusement, ils doivent juste accepter la situation et passer à autre chose.

Jamais je n'aurais pensé aller à un rendez-vous romantique avec le meilleur ami de mon frère, et accessoirement l'homme qui m'a pris ma virginité. Je n'ai jamais vu Ary de cette manière-là, il est et restera un ami pour moi. Je ne pensais pas que c'était le contraire pour lui. Je ne pensais pas qu'il puisse être attiré par moi et vouloir peut-être plus que de l'amitié entre nous. Quand je l'ai appelé pour savoir s'il voulait bien aller au restaurant avec moi, il n'a pas hésité une seconde pour accepter. Je me sens très mal et gênée de lui faire ça ; j'ai juste l'impression de jouer avec ses sentiments et ça me fait de la peine. Je sais que ce n'est qu'une mission, mais pour lui, ce sera réel. Et cette mission est vraiment importante, car c'est la seule manière pour nous de l'innocenter dans l'enlèvement de Scarlett. J'en suis déjà convaincue, mais pas Treston. En parlant de lui d'ailleurs, je ne sais absolument pas pourquoi il insiste pour assister au rendez-vous. Il ne pourra me donner aucune indication, car il est impossible pour moi de porter une oreillette ; Ary le remarquerait tout de suite. Il va juste rester planté là, à nous regarder sans raisons, je sais déjà que ça va me mettre mal à l'aise. Je me dépêche de prendre toutes mes affaires pour rejoindre Treston à l'hôtel, où il reste le temps qu'il retrouve sa sœur. Je dévale les escaliers rapidement, je ne veux pas être en retard.

— Eh Freya ! m'interpelle Luis.

— Oui ? répondis-je essoufflée de ma course.

— Tu vas bien ? Je veux dire, on ne te voit pas beaucoup en ce moment... Tu es toujours ailleurs. Tu n'as aucun problème ?

— Oh non, tout va bien ! J'ai juste tellement de choses à faire, et en plus de ça, ma mère n'arrête pas de me demander qu'on passe du temps ensemble. Je profite qu'il n'y a pas de mission en ce moment, mentis-je.

— D'accord, prends soin de toi, petite Freya, dit-il en m'ébouriffant les cheveux.

Je suis assise sur le lit d'hôtel de Treston, blasée. Il cherche une tenue parmi mes affaires qui pourrait aller pour l'occasion, mais je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi difficile. Soit c'est trop sexy, soit c'est trop strict, soit ce n'est pas assez habillé, je n'en peux plus.

— Je vais mettre celle-ci, dis-je en me levant. Et je ne veux entendre aucun commentaire. Elle est simple et les petites fleurs ça fait mignon. Oui, elle est un peu courte, mais je n'en ai rien à foutre de l'avis des autres et du tien.

Il se rapproche de moi assez rapidement et m'attrape le menton.

— D'abord, soigne ton langage, je te l'ai déjà dit des millions de fois. Ensuite, tu as raison, cette robe est parfaite pour l'occasion. Enfin, mets-toi en sous-vêtements.

— Pardon ? m'exclamais-je.

— Il faut que je t'installe le micro pour que je puisse entendre ce qu'il dit, puisqu'on ne peut pas mettre d'oreillettes. Mais pour ça, il faut que je te l'accroche à ton soutien-gorge pour qu'il ne le voit pas.

Mes yeux se bloquent dans les siens et ne les lâchent pas pendant que je retire mon t-shirt. Je n'ai pas préféré continuer à persister, je sais que dans tous les cas, il n'aurait jamais lâché et il m'a déjà vu en soutien-gorge. On peut dire que j'ai confiance en lui maintenant. Il se rapproche au plus près de moi tout en ne lâchant pas mon regard. Il finit tout même par le briser en regardant ma poitrine pour commencer son installation. Un choc électrique surprend mon corps quand ses doigts se posent sur ma cage thoracique. Plus il se rapproche de ma poitrine, plus ma respiration augmente. Il attache lentement le petit micro à mon soutien-gorge, le forçant à effleurer mon sein. J'essaye de me concentrer en cherchant son regard. Je finis par le croiser, mais la situation devient encore pire. Je n'arrive pas à me détacher de lui, c'est comme si je ressentais le besoin de sa peau contre la mienne. Malheureusement, je sais qu'il faut que je me reprenne. Je ne dois pas me laisser distraire comme maintenant. Je dois contrôler mes émotions comme il me l'a appris.

Weakness (TERMINÉE)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant