3.

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~Éléna González López~


Je sais très bien à qui appartient cette voix.

Pablo.

Son ton est moqueur, presque trop sûr de lui. Une seconde plus tard, je sens sa main chaude se poser doucement sur mon épaule, me faisant sursauter. Mon cœur loupe un battement.

— AHHH PABLO, putain tu m'as fait peur ! je crie presque sans réfléchir, la panique montant d'un coup.

Lui aussi sursaute, comme s'il ne s'attendait pas à une telle réaction. Il lève les mains en l'air, faussement innocent :

— EHHHH Ella, calme-toi, c'est juste moi !

— J'avais remarqué, Pablito. Je reprends ma respiration, les bras croisés. Mais je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler comme ça.

Il hausse un sourcil, un sourire en coin aux lèvres, ce sourire agaçant et pourtant un peu... charmant.

— Ouais, je sais. Mais j'aime bien t'appeler comme ça, ok ?

Puis il me détaille rapidement du regard, ses yeux glissant de mes cheveux jusqu'à mes pieds nus sur le carrelage.

— Tu fais quoi ici, à cette heure-là, en maillot de bain ? Tu comptais faire un bain de minuit sans moi ?

Je lève les yeux au ciel, légèrement amusée malgré moi :

— Très drôle, Pablito. Je passe une main dans mes cheveux. Je fais juste une de mes insomnies habituelles... Le stress du stage, le retour ici... J'avais besoin de prendre l'air. L'eau m'aide à vider ma tête.

Je le regarde à mon tour, un peu plus sérieusement.

— Et toi ? Pas censé dormir avant l'entraînement de demain ?

— Si, mais impossible de fermer l'œil. L'habitude du silence, peut-être. Ou du bruit... j'sais pas.

Il pointe la piscine d'un signe de tête.

— Je peux venir ?

Je n'ai même pas le temps de répondre que, sans attendre, il enlève son tee-shirt. Je détourne le regard par réflexe, mais mes yeux se trahissent et reviennent vers lui.

Je ne m'étais jamais vraiment arrêtée sur lui, pas comme ça.
Mais là, sous la lumière douce des lampadaires du jardin, ses cheveux un peu ébouriffés, ses abdos dessinés et cette désinvolture dans ses gestes... wow.

Sans prévenir, il saute dans l'eau avec un énorme splash. Une vague me trempe jusqu'au visage.

— PABLO ! Sérieusement ?! je râle, les cheveux trempés. J'étais là pour me détendre, pas pour me faire asperger par une baleine !

— Une très belle baleine, ricane-t-il en nageant vers moi.

Pendant une bonne dizaine de minutes, il me coule à répétition, rit comme un gosse pendant que j'essaie de garder la tête hors de l'eau. Essoufflée, presque en colère, je finis par le supplier :

— Ok STOP ! Je rends les armes, je suis à bout, laisse-moi respirer !

Il me regarde, un sourire étirant ses lèvres, et finit par me laisser tranquille. J'en profite pour sortir de l'eau et m'asseoir sur le bord du bassin, les jambes trempées, ruisselantes. L'air de la nuit me fait frissonner, mais ça fait du bien.

Pablo vient s'appuyer à côté de moi, toujours dans l'eau, les bras croisés sur le rebord. Le silence s'installe.

Un silence calme, paisible, presque complice.

𝐄𝐑𝐄𝐒 𝐓𝐔- 𝑷.𝑮𝒂𝒗𝒊Où les histoires vivent. Découvrez maintenant