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Athena

— C'est qu'un petit coup... elle ne va pas mourir !

Des brides de voix lointaines raisonnent dans ma tête, me faisant gémir de douleur. Un claquement de porte fait vibrer le sol sous moi, me faisant marmonner à cause des réverbérations qui se propagent dans mon crâne. Ma tête m'est atrocement douloureuse, mon front me lance et j'ai l'impression qu'on frappe mon crâne à coup de massue à répétition, sans parler de mes membres encore atrocement engourdis qui m'empêchent presque de bouger sur ce que j'identifie comme un matelas, sur lequel je suis allongée.

Les images de ma voiture et de la camionnette me reviennent soudain en flash, me frappant presque comme une gifle, remplaçant la douleur par de la panique. Je me redresse si vite que ma tête me tourne à nouveau et j'ai l'impression que je vais perdre connaissance de nouveau lorsque des taches noires brouillent ma vue. Je laisse échapper un gémissement de douleur en portant ma main engourdie à ma tête, mon souffle court.

— C'est que la demoiselle est vivante ! Ricane une voix masculine au coin de la pièce.

Je tourne rapidement la tête vers l'homme qui vient de parler, mes yeux lourds observant son visage dans l'espoir de mémoriser chacun de ses traits pour établir un portrait-robot si jamais un jour, je sorts d'ici. Il est grand, blond vénitien aux yeux marron clair qui se marient parfaitement avec sa peau basanée, il possède un tatouage de dragon qui s'enroule autour de son bras pour s'arrêter à la naissance de son cou, tandis que de l'autre côté de son cou une tête de mort est visible. La confusion règne soudain dans mon esprit brouillé a la vue de ces tatouages étrangement familier, bien trop familier.

Le rire de l'homme me tire de mes pensées et je relève complètement la tête vers lui pour croiser son regard bien trop doux pour un kidnappeur. Cette situation est tellement étrange que j'en vins à me demander si je ne suis pas encore dans les vapes ?

Mon téléphone !

Je fouille rapidement dans les poches de mon jeans ainsi que celle de ma veste avec l'espoir d'y trouver mon portable, mais rien...

— Te fatigue pas, on t'a déjà pris ton téléphone.

L'espoir qui était apparu en moi disparaît aussi vite avant que je ne baisse les yeux sur mes chevilles attachés que je n'avais pas remarqués jusqu'ici. Deux grosses chaînes sont reliées à mes jambes, et à deux ronds métalliques ancrés dans le sol au bout du matelas miteux sur lequel je suis assise. Mon cœur se remet à bourdonner dans mes oreilles à mesure que la panique s'empare une nouvelle fois de moi. Ma vision devient trouble autant par les larmes que par cet étrange voile opaque qui m'empêche de voir correctement.

Je dois juste respirer...

Mais comment si j'ai l'impression qu'une main m'étrangle et me fait suffoquer ?

Tout mon corps tremble sans que je ne puisse le contrôler, et ce, malgré mes efforts surdimensionnés pour rester calme, mais impossible dans cette situation terrifiante. L'air devient vite un supplice pour moi qui essaye désespérément de respirer, mais chaque fois que je tente d'inhaler, l'oxygène se bloque avant d'entrer dans mes voies respiratoires. Chaque fois que j'essaye de penser à autre chose que cette situation horrible, tout un tas de scénarios terrifiants sur ce qui pourrait éventuellement m'arriver se jouent dans ma tête et ne font qu'amplifier ma terreur de mourir bientôt.

— Merde...

J'entends des pas s'approcher ainsi que le bruit des semelles se mélanger aux battements effrénés de mon cœur, ce qui me force à relever les yeux.

Compte les étoiles !

Mais je n'y arrive pas, les chiffres s'embrouillent dans mon esprit...

— Eh, calme-toi, respire. Chuchote le garçon d'une voix étrangement apaisante. Si c'est ta présence ici qui t'inquiète, tu n'as pas à t'en faire, on ne te fera pas de mal !

ATHENA (EN RÉÉCRITURE)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant