Nous rejoignîmes Grace et son amie, une femme qui paraissait, d'ailleurs, plus âgée qu'elle. Cette femme était vêtue d'un pantalon ample et d'une chemise plutôt simple. Ces cheveux blonds-grisés bouclés engloutissaient son visage fin et laissaient entrevoir deux yeux grisés et fatigués. Elle était aveugle.
— Bonjour madame.
William et moi saluâmes la femme qui s'était installée sur la table de "travail" de Grace.
— Bonjour.
— Les enfants, enchaîna Grace, je vous présente Iris Riddle, une vieille amie à moi, mais aussi, une excellente medium !
— Asseyez vous et détendez-vous, nous lança la femme. Je vous sens tout crispé. Grace m'a raconté votre dernière altercation avec l'"ombre". Cela a dû être très stressant.
— Oui... En effet, confirmai-je.
— Je sens que tu veux me dire quelque chose, jeune fille... Elle me prit aussitôt la main. Détends-toi, laisses-moi lire en toi...
Je la regardai tourner ma main, la caresser, la toucher, la retourner. Je sentais mon cœur battre à mille à l'heure mais je ne savais pas pourquoi. J'entendis la femme chuchoter quelque chose que je ne sus comprendre, puis elle se figea, d'un seul coup. Une seconde passa. Une seconde, trois secondes. Une minute mais elle restait figée. Je sentis quelque chose dégouliner dans ma colonne vertébrale, dû à cette pression tout mon sang était en ébullition !
— Madame Riddle ? demandai-je inquiète.
— Laisses-la, mon enfant. Elle est partie.
— "Partie" ? demanda William.
Tout-à-coup, la medium attrapa la main de William. Je le vis sursauter à ce contact, comme moi avant. Nous restâmes ainsi encore pendant quelques minutes qui me paraissait —autant qu'à lui, qu'à moi ou qu'à elle— être des heures. Elle ouvrit les yeux puis d'un seul coup elle serra très fort nos mains, se tourna vers William et hurla :
— VOUS NE M'AUREZ PAS ! Ne faites pas ça ! Laisses-toi mourir ou donne-la moi ! Une vie pour une vie, tu te rappelles ?! Ta femme a été assez stupide pour me demander de t'invoquer ! Mais elle a oublié une règle essentielle, James ! ON A RIEN SANS RIEN ! Quand on veut quelque chose, il faut qu'on l'échange avec quelque chose d'E-QUI-VA-LENT !
Toute la pièce se mit à trembler, les objets à tomber et je ne compris pas pourquoi elle lui disait tout ça. Elle m'avait lâché la main. Ma main commençait à saigner tellement elle me serrait fort. Elle prit William par le col en lui hurlant dessus puis tous les objets qui s'étaient mis à léviter tombèrent et la vieille femme suivit le mouvement. Grace et moi nous précipitâmes vers elle pour pouvoir vérifié qu'elle son état. Grace s'occupait de son amie et moi de William ; comme m'avait ordonné la voyante.
— William ? Regardes-moi, William ? C'est fini, regardes-moi ! Je tournai son visage vers moi pour qu'il me regarde mais il était resté figé. J'avais beau l'appeler, il ne la quittait pas du regard. William ! Je lui avais donné une petite gifle espérant qu'elle le ramène à moi.
— B-Bev' ?
— Oh mon Dieu...
Je me jetai dans ses bras totalement désemparée et paniquée par ce qu'il venait de se passer. Il me rendit mon étreinte et nous restâmes ainsi quelques instants.
— Les enfants, vous allez bien ? demanda Grace.
— Oui, nous allons bien confirmai-je, et madame Riddle ?
— Il faut qu'elle aille se reposer. Willy ? Est-ce que tu peux m'aider à l'emmener dans une chambre, s'il te plaît ?
Il y eut un temps pour que l'information lui monte au cerveau avant qu'il ne se lève, prenne la medium dans ses bras et l'emmène dans sa chambre. Madame Bellies la suivait et moi je restai ici, assise par terre.
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The Shadow
Mystery / ThrillerPersonne ne me croît. Me croirez-vous si je vous dis que... Non, bien sûr que non. Vous allez me prendre pour une folle, comme eux. On m'a même fait suivre par un psychologue ! Je n'en peux plus ! Qu'est-ce qu'elle me veut ? Cette chose... Est-ce bi...
