#8 Un léger éclairage

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— Il est quelle heure ? Attends !

Je me rappelai de ma conversation d'hier, du moins celle que j'avais eu avec lui. Je quittai mon lit et fonçai vers la salle de bain. J'enlevai les cheveux qui cachaient mon cou. Non... non, non ! Ce n'était pas possible ! Je me précipitai sous la douche pour essayer de faire partir cette chose mais en vain. Putain ! Mais pourquoi ? Comment !

Sur mon cou, à l'endroit où il m'avait embrassé hier, se trouvait une marque en forme de losange où les coins étaient étirés et reliés en forme de cercle.

Je ne sais pas ce que ça veut dire mais une chose est sûre, il ne m'a pas menti. Mais... ça veut dire que les autres fois aussi c'était réel ? J'aurais dû lui demander !

Aujourd'hui je ne travaillai pas, j'étais tranquille, enfin si on pouvait dire ça. Peut-être que pour une fois, j'aurais préféré être au bureau et subir les regards de mes "chers collègues" plutôt que repenser à mon boss...

Il faut que je remette mes idées au clair et que j'essaye de retrouver ce gros arnaqueur ! Mais je ne suis même pas sûre de savoir si c'était vraiment lui.

— Bonjour, bien dormi ?

— AHHHH, PUTAIN ! Vous ne pouvez pas prévenir !

Je tentai de reprendre mon souffle. Par je ne sais quel moyen, mon boss était à ma droite, bras croisés me regardant comme si de rien était.

— Qu'est-ce que vous faîtes là ? demandai-je méfiante.

— Je n'allais pas te laisser après ça. C'est étrange, tu parles toute seule.

— Quoi ? Je me mis à rougir aussitôt. Ça, on s'en fiche ! Moi j'ai toujours des questions à vous poser !

— Après toi, dans ce cas. Mais avant ça, tu n'as pas faim ?

— Pardon ?

— Tu viens de te réveiller, tu n'as pas faim ?

— Ah euh, peut-être. En fait, je ne mange pas vraiment le matin mais vous pouvez vous faire quelque chose si vous avez faim. Attends ! Est-ce que vous pouvez manger ? Même, on s'en fout !

— Haha oui, bien sûr ! Ce n'est pas parce que je suis dans cette situation que je ne peux pas me nourrir. En tout cas, il faut que tu changes cette mauvaise habitude ! Je vais nous faire des œufs.

Il partit aussitôt en cuisine et je lui emboîtai alors le pas, puis m'installai à table. Il se posa à table accompagnés d'assiettes pleines d'omelettes qui avaient l'air appétissantes. Je n'allai pas lui faire le plaisir d'y goûter, tout ce qui m'intéressai était d'avoir des réponses !

— Je peux vous poser mes questions ?

— Allez-y.

— Vous êtes bien William Kilster, mon patron ?

Il me lança un regard que je ne sus lire. C'était une question simple, pourtant.

— C'est seulement maintenant que tu demandes ? dit-il riant aux éclats. Oui c'est bien moi, se reprit-il.

— Alors vous ne pouvez pas me voir en peinture mais me demandez à MOI de VOUS aider ?

— C'est sûr dit comme ça, je passe pour un timbré, sauf que ce n'est pas le cas, donc...

— Quoi ? Vous ne manquez pas une occasion de me faire baver !

— C'est pour que tu fasses bien ton travail ! Je sais que tu as du potentiel, je le vois. C'est pour ça que je suis plus dur avec toi.

The ShadowOù les histoires vivent. Découvrez maintenant