Chapitre sans dessus dessous, désolé (en même temps c'était prévisible vu le titre de l'histoire)
Le soleil tape fort sur la glycine ce matin. Il fait bon, et les fenêtres sont ouvertes.
Je range tout. Le bureau, les coquillages qui trainent sur la bibliothèque. J'ai jeté les dessins de la semaine dernière qui trainaient sur le bureau. Dans la poubelle, j'ai trouvé ton visage. Peut-être que si j'avais fouillé un peu plus profond, j'aurais trouvé mon cœur, ou ma dignité.
Ma patience, elle, est allée se recoucher, elle est épuisée.
Benjamin Biolay me demande comment est ma peine, et je sais pas trop comment lui répondre. De toute façon, je pense qu'il s'en fout. C'est vrai, ça, les chanteurEs, iels écrivent pas trop pour nous, plutôt pour elleux. Je crois qu'il voulait juste qu'on lui demande à lui comment était la sienne, de peine.
C'est un joli samedi matin. C'était une bonne idée, ce nouveau départ : parfois, on baisse les bras pour pouvoir mieux les relever.
J'ai envie de rencontrer des gens. J'ai envie de retrouver la Vie, et des livres qui me donnent envie de vivre, et des choses qui éveillent mes sens. J'ai envie de pousser, comme les tomates, l'amandier et les radis.
J'ai aussi envie de boire, de tout lâcher. De prendre la vague qui vient s'écraser contre les miettes de mon cœur, et de la faire durer le temps dont elle a besoin. De prendre la suivante.
Il faut que je regarde l'océan. C'est pas pour tout de suite. Ce n'est pas pour cette année, et probablement pas pour la prochaine.
J'ai envie de boire la tasse, de me laisser couler, de sentir le fond et de taper d'un coup fort sur le sol.
Je pensais que c'est ce que je ressentirais quand je te dirais qu'on avait plus rien à se dire, le coup de pied contre le sol qui nous fait remonter à la surface.
Je pensais plein de trucs.
Et toi tu ne pensais pas.
Je n'invente rien. Tu l'as admis.
Tu fais croire que tu fais tout sur un coup de tête. C'est facile, vachement facile, de tout faire sur un coup de tête. Y'a pas de conséquences derrière.
Je t'en veux pas.
J'aurais aimé avoir ton insouciance.
Mais ça craint un peu, à notre âge, d'être amoureux comme un CP.
C'est mignon quand on est petitE. C'est suffisant quand on est petitE.
Les enfants, dans ce genre de situation, iels pleurent un coup, font des dessins où le monde est peuplé de monstres, et puis retournent jouer avec leurs amiEs. Quand iels y repensent, iels se disent "Quentin il était nul en fait, la meilleure c'était Alice", et puis voilà. C'est ça que t'as fait ? Je sais que t'as pleuré, mais m'as-tu dessinéE en monstre ? Es-tu retournéE jouer avec tes copains ?
J'ai défait le bonnet que j'avais commencé pour toi et que je ne t'offrirai pas. La jolie pelote de laine de lama rouge, je m'en ferai un bonnet de lesbienne. C'est un bonnet normal, mais qu'on porte en été, je revois mes clichés.
J'étais seulE avec toi. Je le suis moins, maintenant, je me sens exister, à nouveau.
La vie n'est pas finie, la vie n'est pas passée,
elle ne peut que commencer
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mess
RandomC'est un don du ciel une grâce Qui rend la vie moins dégueulasse J'm'étais fait mal en balançant un pavé J'm'étais foulé la ch'ville du bras, le poignet Just come home I'm radioactive Everyone's normal, aren't they ?
