CHAPITRE 1

710 50 86
                                        



« Parfois nous savons ce que l'on perd, mais nous ne savons pas ce que nous retrouvons »

(TW: Certaine scène à caractère violente ou sexuelle pourrait heurter votre sensibilité. Bonne lecture <3)

-APRILE-

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, l'angoisse m'a tenue éveillée. Les heures se sont étirées, interminables alors que je fouillais ma chambre dans l'espoir de trouver cette foutue caméra. Mes mains parcouraient les surfaces, fouillant les tiroirs, mais rien ne semblait visible. Chaque objet que je touchais ne faisait qu'augmenter ma peur comme si quelque chose d'invisible m'observait, rendant l'atmosphère encore plus oppressante.

À mesure que les minutes passent, je sens l'incertitude s'installer en moi, me laissant dans un état de confusion totale. Qu'est-ce qui avait disparu ? Pourquoi cette sensation de malaise ?

Je tourne en rond dans ma tête, cherchant des réponses où il n'y en avait peut-être pas.

Rio arrive soudainement et nous voilà toutes les deux, debout à six heures du matin avec le regard inquiet, préparant mes valises tout en espionnant chaque recoin de la pièce. Nous savons que le temps presse, mais l'angoisse persiste. Chaque bruit, chaque mouvement dans la maison semblait venir de cette caméra introuvable.

S'il fait partie du club de basket de l'université, cela signifie qu'il sera absorbé par ses entraînements intensifs et ses révisions de psychologie. Ce rythme de vie va certainement le tenir éloigné de toute distraction, enfin j'espère, notamment de l'idée de me stalker. J'imagine déjà qu'il passera des heures à perfectionner son tir et à étudier des théories psychologiques mais encore faudrait-il qu'il en fasse partie...

Bien sûr qu'il en fait partie ! Son sweat était celui du club !

Quel con, s'il pensait que j'allais pas faire le lien.

Ensuite, sa stature imposante et ses nombreuses bagues ajoutent une certaine aura à sa personnalité. C'est le genre de détails qui attire l'attention et je ne peux m'empêcher de me demander combien d'autres garçons dans le coin ressemblent à ce portrait. Je vais devoir être vigilante et examiner chaque personne qui porte des bagues et a une carrure semblable. C'est un vrai défi mais je suis déterminée à ne pas laisser passer le moindre indice. Après tout, il n'y a pas d'autre choix que de rester sur mes gardes et d'observer attentivement mon environnement.

Qui sait, peut-être que je découvrirai quelque chose d'inattendu en cours de route.

Je ferme ma deuxième et dernière valise, un geste qui symbolise bien plus qu'un simple rangement. C'est comme si je refermais un chapitre de ma vie en me préparant à affronter les règles de maison de mon père.

En entrant dans le salon je fais face à mon oncle et ma tante qui, à cet instant, sont suspendus dans le temps. Leurs discussions s'interrompent brusquement et je sens le poids de leurs regards sur moi. Ce silence pesant me met mal à l'aise.

Leurs regards me dégoûtent, je peux y lire de l'indifférence à mon sort et une désapprobation silencieuse qui me touche profondément. Je ressens une vague d'émotions qui monte en moi et les larmes me montent aux yeux sans que je puisse les retenir. Ils savent ce qui m'attend mais au lieu de me soutenir, ils choisissent de rester spectateurs de ce drame qui se profile.

Je les hais pour vouloir soutenir mon père.

Je les hais de m'avoir envoyée au diable.

— Calme-toi Aprile, après tout tu sais te défendre si jamais hein ? essaya de me rassurer mon oncle.

Easy Girl Où les histoires vivent. Découvrez maintenant