CHAPITRE 31

276 23 6
                                        





-IAGO-

Les pleurs résonnaient dans l'air lourd et mélancolique de l'église, où l'on pouvait sentir une tristesse profonde s'immiscer dans les cœurs. L'enterrement d'Aprile n'était pas seulement une cérémonie pour rendre hommage à une jeune vie perdue, mais aussi un moment de douleur collective, un rassemblement de ceux qui l'avaient aimée, mais aussi de ceux qui, comme moi, se sentaient impuissants face à la tragédie. Les visages étaient marqués par la souffrance, des larmes coulaient sans retenue, et le silence pesant n'était troublé que par le murmure de quelques mots de réconfort.
Je me tenais là, le cœur brisé au premier rang en proie à une douleur que je n'avais jamais connue auparavant. Chaque instant semblait durer une éternité alors que je  regardais le cercueil blanc, une simple boîte en bois ornée de fleurs blanches, un contraste frappant avec l'obscurité qui m'entourait. C'était une image qui restera gravée dans ma mémoire, une image que j'aurais voulu oublier. La réalité de la situation m'assaillait sans relâche. Aprile n'était plus là, et il n'y avait rien qui puisse  faire changer ça...

Les souvenirs affluaient, des instants volés que je chérissait et qui me causaient maintenant une douleur lancinante. Les larmes me montaient aux yeux alors que je réalisais que ces souvenirs ne seraient jamais plus que des échos d'une vie qui ne reviendrait jamais. Elle me manquait...
La cérémonie se poursuivait, et j'aperçois Marie avec sa longue robe noir, debout à l'arrière, les yeux rougis par les larmes. Elle pleurait, et ça me déchire un peu plus. La douleur d'Aprile touchait tout le monde, même ses harceleurs, et chaque larme qui tombait était une douleur en plus. C'était comme si la perte d'Aprile avait ouvert une brèche dans chacun de leurs cœurs, les laissant exposés et vulnérables. Mais sa me tue de savoir qu'ils le découvrent trop tard...

Alors que le prêtre prononçait des paroles de réconfort, je me perd dans mes pensées. Je repense à la manière dont nous nous sommes rencontrés, comment notre rancœur commune s'était transformée en quelque chose de plus profond, de plus beau avant d'être anéantie par la cruauté du monde. J'ai essayé de la protéger, de l'aider... Mais en fin de compte, je n'ai pas réussi. Cette idée me ronge de l'intérieur, une culpabilité qui m'étouffe et je me demande si j'aurais pu faire quelque chose de plus, si j'avais été assez fort, assez intelligent pour voir les signes.

L'enterrement avançait lentement, et je me lève lorsque le cercueil est porté vers la tombe. Le bruit sourd des pieds sur l'herbe fraîche résonnait comme un appel à l'action. Ils étaient tous là, comme une communauté unie par la douleur, mais moi je me sentais terriblement seul. À cet instant précis, j'avais envie de crier, de hurler ma colère contre le monde et de faire payer ceux qui avaient fait du mal à Aprile. En particulier Levi Waster.

Une fois la cérémonie terminée, alors que tout le monde se disperse lentement, je sens un besoin pressant de faire quelque chose. Je savais que ce n'était pas suffisant de pleurer et de se lamenter. Il faut agir, faire payer ceux qui avaient causé sa douleur.

Je me dirige vers le commissariat, le cœur lourd mais déterminé. Le chemin me semble interminable, chaque pas résonnant comme un écho de son désespoir. Je veux faire entendre sa voix et que justice soit rendue.

Quand j'entre dans le bâtiment, l'atmosphère était austère, presque suffocante. L'odeur du désinfectant se mêlait à celle de la tristesse ambiante, et je me sens presque malade à l'idée de ce que j' allais faire.

«- Bonjour, comment puis-je vous aider ? commence un policier avec un regard indifférent.

- Je veux porter plainte. Contre Levi Waster. Il a... il a violé Aprile Vadruno » balbutiais-je, la voix tremblante, mais pleine de rage.

Le policier leva un sourcil, visiblement sceptique.

«- Avez-vous des preuves de cette accusation ? »

Easy Girl Où les histoires vivent. Découvrez maintenant