J'ai trouvé l'amour. J'ai perdu l'amour. Et j'ai retrouvé l'amour.
C'est simple. Quand on pense que telle ou telle relation est la bonne, quand on pense avoir trouvé LA personne, celle qui nous rendra heureuse toute notre vie, que l'on se donne à fond pour que tout marche, que l'on sembler filer l'amour parfait avec une personne parfaite... Boum. Tout s'écroule. On pense alors ne jamais s'en remettre, on cherche à qui la faute, on la rejette sur l'autre bien sûr, avant de se rendre compte que l'on a aussi notre part de responsabilité.
Plus rien ne semble avoir de gout. On se renferme sur soi, on ne veut plus parler à personne, et surtout, on veut que tout redevienne comme avant.
"Nous resterons amis..."
Non. Je ne veux plus entendre parler de toi. C'est fini, la rupture est trop dure, je ne veux plus te voir.
On commence à s'en vouloir, on passe des soirées entières à pleurer sur son sort, au lieu d'essayer d'oublier, de s'en sortir. Le cercle vicieux dans lequel on est rentré est cependant trop puissant, il ne nous laisse pas une seconde de répit, il hante vos rêves, vous poursuit. Là, il faut prendre les devants. Se reprendre en main, surtout. C'est ce que je j'ai fais. Je n'en suis pas peu fière. J'ai cru que je n'y arriverais pas.
Premièrement, le déni.
"Non, ce n'est pas possible, pas lui, c'est un cauchemar et je vais me réveiller."
Autant vous dire que cette phase ne dure jamais bien longtemps. Je suis là, devant un précipice, ne sachant que faire. Il y a l'eau, le vent, des larmes dans mes yeux, qui sèchent, l'air froid, mes mains qui tremblent, mon cœur qui s'accélère.
Deuxièmement, le désespoir. Non, non, non, pas le petit chagrin d'amour ! Celui où on se déchire, on se fait du mal, on se tape la tête contre le mur, on souffre matin midi et soir, on ne se contrôle plus.C'est la plus dure phase. Bien sûr, on en veut à la Terre entière, toutes nos pensées nous ramènent à ça. On est vraiment au plus bas.
"Mais comment je vais faire ?"
Je me lamente.
Se poser, relativiser. Ma vie ne s'arrête pas à un seul homme. Je fais du sport, pour me vider la tête. Je fais du sport jusqu'à l'épuisement total. Nager. Je passe des heures à la piscine. Je fais le pied de grue devant la grille le matin à huit heures et je nage jusqu'à ce qu'elle ferme, un sandwich à midi, et rien que l'eau, que mes mouvements de plus en plus rapides, frénétiques. Les gens me laisse une ligne à moi toute seule au bout d'un moment, ils n'osent pas me déranger, ils pensent que je m'entraine dur. Je sens l'eau contre mes flans, l'élan qu'elle me procure, flotter, sentir le clapotis sur ses joues et dormir si bien le soir quand on se sent vidé de toutes ses forces. Courir. Sans musique, sans rien dans les poches. Au début,je marche, tranquille. Je marche d'un bon pas et quand je sens les larmes qui montent, j'accélère, encore, encore, et je cours le plus vite possible,laissant les mauvais souvenirs derrière moins, ils sont trop lents, trop lourds, ils ne me rattraperont pas. Mes cuisses crient sous l'effort, mes chevilles me font mal, mais je n'arrête pas. Je cours sans relâche jusqu'à ce que mes jambes ne me tiennent plus, alors je bois un litre d'eau et je rentre à pied.
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Déclinaison amoureuse
Short StoryQuelques nouvelles du recueil "Déclinaison amoureuse". “Love is a smoke raised with the fume of sighs; Being purged, a fire sparking in lovers’ eyes; Being vexed, a sea nourished with loving tears. What is it else? A madness most discreet, A chock...