Prologue

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Pietro soupire. Il soupirai beaucoup ces derniers temps.
La nuit était déjà tombée, il avait passé sa journée les yeux rivés sur ses notes penché sur son bureau. Un mal de dos commence à se profiler.

-Oh seigneur, souffle t'il en s'étirant du mieux possible.
Sa carcasse se lève et décide en vue de l'heure de se faire réchauffer les restes de nourriture qui traînent dans le frigo.

Il repasse devant sa bibliothèque une assiette à la main, s'installe de nouveau à son bureau.
Celà fait 4 ans qu'il réuni se qu'il lui est nécessaire a l'écriture de son livre. Son premier livre.
Ces derniers mois tout s'est accéléré. Son éditeur le presse de finir.
Tous son temps libre passe dans ce projet.

Quelle brillante idée d'y incorporer des témoignages. Tâche ardue.
Bien sûr, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.
Il savait aussi pertinemment qu'à tout moment la censure pouvait tomber sur son ouvrage, mais il n'avait pas prévu d' arrondir les angles.
Après réflexion, il savait qu'il avait besoin de témoignages.
Surtout celui de Pannonique.

L'homme de maintenant 40 ans passés se frotte les yeux et se pince l'arête du nez en mangeant les restes du midi, qui ne ressemblait plus trop a ce qu'ils devraient.

Son esprit était tant absorbé par ses pensées que ses yeux regardaient son assiette sans appétit.
Il ne cessait de se demander comment arriver à ses fins.

-Bon sang ... pourquoi c'est si compliqué de te joindre ? Marmonna t'il.
Sa tête bascula en arrière et l'homme contempla le plafond quelques instants, détaillant les craquellement de la peinture qu'il connaît par cœur.

Car oui celà faisait 4 ans de silence.
4 longues années que Pannonique ne répondait plus à aucune de ses lettres.
Et il ne doutait pas que ce soit de sa faute.

Pietro s'était procuré la liste des "participants " de l'émission.
En avait contacté une multitude.
Une grande partie avait décliné ses propositions.
L'écrivain avait également essayé MDA 802. Aucun résultat.

Il était résolu a soumettre sa proposition a son amie, la seule avec qui il entretenait une correspondance.
Ce fut une erreur. Elle ne répondit plus, malgré ses nombreuses tentatives.
Il lui était arrivé de penser qu'elle était peut-être morte.
Bien sûr l'homme s'était rendu a l'adresse donnée, mais ce n'était qu'une boîte postale. Pietro se voyait mal campé devant en attendant quelle vienne récupérer le courrier si tant est que ce soit elle qui le récupérait. A ce stade il ignorait totalement comment la rencontrer.

Ce soir devant son bureau il divaguait. Son regard se promenait sur sa bibliothèque.
Ses yeux tombèrent sur un livre de Victor Hugo.

Irrésistiblement son esprit se souvenait de se nom.
Ce nom précisément, noyés parmi une masse d'autres noms.
Léopoldine.

Ça l'avait marqué.
C'était le nom d'une victime du camp. C'était le nom d'une noyée. C'était le nom de la fille de Victor Hugo.
Le professeur connaissait bien le personnage pour avoir fait étudier de nombreux poèmes à ses élèves.
Surtout l'ouvrage les contemplations , un classique.

Trois ans après..., ô souvenirs, A qui donc sommes nous ?, Demain dès l'aube...
Et bien d'autres encore.

Il fixe le livre sur l'étagère de sa bibliothèque surchargé par ses livres, menaçant de s'écrouler a toute instant, autant que son propre esprit sous la fatigue.

A ce moment précis il avait sut qu'il écrirait un livre. Un livre sur les noyés du camp.
Quand?
Il l'ignorait, mais ça lui viendrait.

Cette soirée-là des souvenirs resurgissent des profondeurs.
Le camp et Pannonique, surtout elle.
Les repas avec les autres. Le chocolat.

-Hmm ..., murmura t'il en fronçant les sourcils.

"C'est vrai...ce chocolat... "

Sa mémoire butait. Se raccrochant a Pannonique, car c'était le lien, le centre de tout.

"Comment s'appelle cette Kapo ?"
Il fouilla dans ses piles de papier. Ses tiroirs. Même sa bibliothèque. Aucun recoin ne lui échappait.

-Misère... Souffla t'il. Ou est cette fichue...
Il nacheva pas sa phrase, il avait trouvé.

"Zdena... voilà c'est celà...la Kapo Zdena!"
Qu'es t'elle devenue ? Où est t'elle ? Était les questions qui lui passaient par la tête.
Pas tant par réel intérêt, mais plus par automatisme. L'homme s'était posé ses questions tant de fois que c'était devenu une habitude.

Le prof se laissa tomber dans son fauteuil en fixant le nom entouré sur la liste.
A cet instant il songeait à la contacter.

Secouant la tête comme pour se dire que ce n'était pas une bonne idée, son corps s'enfonça dans les coussins.
Les visions de son esprit revenait a la charge.
Pannonique, le chocolat et la chute du camp.

Il attrapa un papier, une enveloppe et sa plume. Sa main gratta le papier comme animé d'une détermination inébranlable qui s'était emparé de lui. Une sorte de certitude.

Bonus :

Petite illustration de Pietro et MDA 802 !

Petite illustration de Pietro et MDA 802 !

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Les noyés et les miraculés, 13 ans plus tard...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant