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Rêverie, réveil, sonnerie qui retentit. 

L'horrible son me fait l'effet d'une décharge électrique dans tout le corps et me pousse à me relever comme un piquet dans mes draps. Ma respiration haletante se calme peu à peu. Un cauchemar? Sans doute, comme à chaque fois. 

Je prends appui sur mes pieds et manque de flancher. Il me faut un café. 

Cheveux attachés, vêtements chiffonnés, tablier, on y est. 

Je passe rapidement devant le miroir pour appréhender mon visage rongé par la fatigue. Des cernes que je tente de camoufler avec une poudre plus ou moins compacte, un peu de blush pour une bonne mine en ce matin de novembre ou le soleil ne se cache pas, et un léger coup de mascara pour accentuer le noir de mes cils. Je les aies toujours appréciés, ils font un joli contraste avec mes yeux clairs, ceux qui à l'origine appartenaient à quelqu'un d'autre.

Je tente d'insérer ma clef dans la serrure mais rien y fait. Il faut vraiment que je songe à remplacer ce tat de fer rouillé. Quelle plaie. Ma main se lève et en un mouvement, le verrou se referme. 

Mon nœud de tablier lâchement fait dans mon dos, je dévale les escaliers, manquant parfois quelques marches et me précipite à l'arrière du café pour lancer la préparation des premiers petits pains, cookies, et autres pâtisseries dont les clients sont friands pour le petit déjeuné. 

Premier service de café, les clients vont et viennent, certains restent et me parlent entre deux commandes, d'autres ne m'adresse même pas un sourire, c'est la vie. 

Le petit écran Tv est allumé sur le bord du comptoir. Un tout nouveau model couleur dernier cris que maman s'était offerte à la boutique d'Eliott, un de nos voisins qui tenaient un commerce d'objets électroniques en tous genres. Il a fait faillite il y a quelques mois et depuis installe de drôles antennes et capteurs dans la petite ruelle adjacente à notre bâtiment ce qui a le chic de bousiller le signal du téléviseur la plus part du temps. Dans le quartier certains affirment qu'il est devenu timbré depuis que sa femme est partie avec sa fille et son chat. Alors je suppose que perdre son chat est une raison plausible pour devenir fou. 

Une bonne partie des regards se tournent vers la petite image lorsque le nom de Kennedy est prononcé par la jolie journaliste au chignon haut. C'est vrai qu'il viendra visiter Dallas à la fin du mois. Tant mieux, ça ramènera plus de clients. 

- Alors tu as prévu d'y assister? 

Je relève les yeux de ma petite vaisselle improvisée pour constater sans grande surprise que c'est Vanya, une jeune femme un peu plus âgée que moi mais qui me fait avec le temps est devenue une de mes clientes les plus fidèles. Depuis l'accident elle a surtout été une épaule sur laquelle j'ai pu me reposer et une source de réconfort là ou je n'espérai plus en trouver. Je ne compte plus nos soirées à discuter de l'absurdité de nos situations, car elle étant amnésique et moi n'ayant plus vraiment de famille, un point commun nous réunissait, et ne pas être seule dans sa propre solitude est un luxe que peu peuvent s'offrir.  Elle a l'habitude de passer une fois par jour au café, soit pour boire un chocolat chaud ou juste pour me tenir au courant de l'avancée de ses recherches sur son identité. 

- Non je ne crois pas, cet endroit ne va pas se tenir tout seul, et je ne peux pas demander à Mike de faire des heures supplémentaires. 

- Mais l'arrivée d'un président ça ne se repousse pas, je pourrais demander à Sissy de me laisser un jour de libre pour y aller avec toi! 

- Ne t'inquiète pas Vanya il reviendra forcément, je suis sure que cette occasion se représentera, dis-je en ricanant. 

Elle esquissa un sourire et me fit une petite tape sur l'épaule avant de prendre son café et son croissant et s'attabler avec un journal pour scruter à la loupe les avis de recherche.

Café noir- Fanfiction Cinq HargreevesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant