23 h 30.
Je suis là, assise sur la chaise, fixant le vide, sans savoir vraiment où mes pensées me mènent. Le silence dans la chambre est lourd, presque étouffant. La seule chose que je perçois, c'est le souffle léger de Suzanne qui dort paisiblement sur ma cuisse droite. C'est un moment de tranquillité, mais à l'intérieur, tout est chaos. Je n'arrive pas à apaiser mon esprit, à faire disparaître ce tourbillon de pensées qui m'envahit. Mes doigts caressent doucement les cheveux de Suzanne, mais cela ne suffit pas à calmer le tourbillon.
Soudain, la porte s'ouvre. C'est Bianca. Elle vient de finir son travail et, comme toujours, elle a une lueur de fatigue dans les yeux, mais aussi une énergie discrète qui émane d'elle. Elle ferme doucement la porte derrière elle, comme pour ne pas déranger le calme de la pièce, mais son regard se fige dès qu'elle me voit.
— Salut, murmure-t-elle, sa voix douce brisant le silence.
Elle me regarde un instant, puis s'arrête sur place. Elle voit bien que quelque chose ne va pas. Elle me trouve là, perdue dans mes pensées, dans un silence lourd, et Suzanne endormie à mes côtés.
— Tu ne dormais pas ?, me demande-t-elle en s'approchant doucement.
Je me tourne vers elle et, en un instant, je me rends compte que mes yeux sont pleins de larmes. Je les essuie précipitamment, espérant qu'elle ne l'ait pas vue. Mais Bianca, plus observatrice que jamais, a déjà remarqué. Elle s'assoit sur le lit, à côté de moi, et son regard se fait plus attentif.
— J'ai l'impression que c'est autre chose qui te tracasse. Tu as disparu pendant longtemps.
Je fronce les sourcils et détourne le regard. C'est trop difficile d'ouvrir la bouche, de dire ce que je ressens, surtout avec Suzanne si proche. J'ai toujours eu cette habitude de cacher mes émotions, de ne pas laisser mes proches voir la profondeur de ce qui me ronge. Mais Bianca, elle me connaît trop bien pour ne pas comprendre. Elle sait quand quelque chose cloche.
— Rien... je murmure.
Ma voix est à peine audible, mais j'espère que ça suffira. Je n'ai pas envie d'en parler. Pas maintenant, pas avec Suzanne dans la pièce. Et pourtant, je sais que Bianca ne va pas lâcher le morceau. Elle a toujours été là, à écouter, à comprendre, même quand je n'arrivais pas à exprimer ce qui me tourmentait. Elle attend un peu, me laisse digérer mes pensées, mais elle ne se laisse pas berner par mon silence.
— Jenna !, m'interpelle-t-elle doucement, mais fermement.
Je laisse échapper un profond soupir, mes épaules se relâchent légèrement. Mais je n'ose pas parler. Tout en moi est figé par la peur de mettre des mots sur ce que j'ai vécu. Mais Bianca ne recule pas. Elle sait qu'il y a quelque chose de plus. Elle a vu mon regard, elle a vu la détresse dans mes yeux. Elle attend. Je sais qu'elle ne partira pas avant que je ne lui dise la vérité, mais je n'arrive pas à prononcer ces mots. Le silence entre nous devient lourd, presque insupportable.
Je relève la tête et regarde Suzanne, qui dort paisiblement. Elle ne se rend pas compte de l'agitation qui me prend. C'est une chance, peut-être. Je ne veux pas qu'elle sache. Pas encore.
— Ma chambre a brûlé, tu veux que je fasse quoi ? Je n'ai nulle part où dormir.
Ma voix tremble, comme si ces mots étaient les seuls que je puisse dire pour éviter de tout déballer. Mais je sais qu'ils ne sont pas suffisants. Bianca ne croit pas un instant à cette excuse. Elle me fixe avec un mélange de confusion et d'inquiétude.
— Non, c'est juste ton lit...
Elle laisse échapper un petit rire nerveux, essayant d'alléger l'atmosphère, mais je sens qu'elle n'est pas dupe. Elle s'approche un peu plus de moi et prend ma main dans la sienne. Son regard se fait plus doux, mais aussi plus insistant.
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Crawling back to you
Mystery / ThrillerEtant jeune elle avais une vrai obsession pour lui, à 15 ans, ils décident de faire leurs premières fois, mais est-ce que c'étais une bonne idée ? hélas non car pour lui c'étais l'envie et bien elle a finit enceinte et a perdu l'enfant, mais va-t-el...
