Chapitres 34

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Jenna
Jenna posa la main sur la poignée de la porte. Une brise légère soufflait, la chaleur de l'après-midi s'était adoucie, et une promesse de fraîcheur enveloppait l'extérieur. Elle avait décidé de partir, de laisser tout cela derrière elle. Mais au moment où elle tourna la poignée, un bruit de pas derrière elle la fit hésiter.

— Jenna,la voix de Rafe la fit se figer. Elle ne se retourna pas immédiatement, espérant qu'il ne l'avait pas remarquée. Mais elle savait au fond d'elle-même qu'il l'avait vue, qu'il savait exactement ce qu'elle allait faire.

— Ne pars pas, dit-il, se rapprochant. Elle ressentit la tension dans sa voix, un mélange de frustration et de quelque chose d'indéfinissable. Ses mots n'étaient pas une demande ; ils étaient un ordre. Elle tourna lentement la tête, et leurs regards se croisèrent. Il semblait plus vulnérable qu'elle ne l'avait jamais vu, comme si la simple idée de la voir partir le déstabilisait.

— Je... je dois y aller, répondit-elle, la voix tremblante. Ce n'était pas de la peur, mais quelque chose de plus subtil, une certaine douleur dans ses mots. Elle voulait partir, mais elle savait que le faire ne la soulagerait pas. Tout comme elle savait qu'elle ne pourrait pas s'échapper aussi facilement.

— Tu n'iras nulle part. Sa voix était ferme, comme une promesse. Elle sentit un frisson parcourir son dos. Il se tenait à quelques mètres, les bras croisés, l'air déterminé.

— Je ne veux pas te causer de problème. Je suis juste... je suis juste perdue , murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui. Elle n'osait pas lui dire qu'elle se sentait étouffée, que la distance entre eux lui devenait insupportable. Leurs interactions avaient toujours été marquées par une tension étrange, mais aujourd'hui, c'était différent.

Rafe s'approcha, ses pas lourds sur le parquet. Il posa une main sur la porte, l'empêchant de l'ouvrir complètement.

— Ce n'est pas une question de problème, Jenna. C'est une question de ce que tu ressens. Et toi, tu sais très bien que tu ne veux pas partir.

Elle le regarda dans les yeux, essayant de détecter un signe, une faille dans son regard qui pourrait la convaincre de fuir, de tout laisser derrière elle. Mais non. Il était là, solide, inébranlable.

— Je ne veux pas de ta protection, Rafe.

Il haussait légèrement les sourcils, un sourire en coin.

— Tu penses que c'est de la protection ? Non, Jenna, c'est de la prévenance. Tu crois que je vais te laisser partir seule dans cet état ? Pas question.

Les mots restèrent suspendus dans l'air, lourds, comme une promesse muette. Jenna soupira, agacée et fatiguée. Elle se tourna finalement vers lui, un éclat de défi dans ses yeux.

— Tu n'as pas à me dicter ce que je dois faire, Rafe.

— Et toi, tu n'as pas à fuir à chaque fois que les choses deviennent difficiles. Il avança d'un pas, réduisant l'espace entre eux. Jenna hésita, ne sachant pas quoi répondre. Il avait raison. Mais quelque chose dans son regard la maintenait là, figée. Elle ne pouvait pas fuir à nouveau.

À ce moment-là, une silhouette s'approcha. Une dame aux cheveux argentés, dans une tenue soignée, s'avança lentement. Elle avait un regard calme et bienveillant, comme une personne habituée à prendre soin des autres.

— Excusez-moi, mademoiselle , dit-elle, un léger sourire aux lèvres. Puis-je vous offrir quelque chose à boire, ou peut-être une serviette si vous avez l'intention de vous détendre un peu près de la piscine ?

Jenna la regarda, surprise. Elle n'avait pas remarqué la dame auparavant, ni vu où elle était apparue. Mais il y avait quelque chose d'apaisant dans sa présence. Elle hocha la tête, son esprit toujours en ébullition.

Crawling back to youOù les histoires vivent. Découvrez maintenant