Chapitre 3

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Voici ton texte corrigé :

Cela fait maintenant deux semaines et demie que j'ai intégré l'équipe, et Elisa avait raison : je m'y plais de plus en plus, mais c'est aussi de plus en plus compliqué. À l'approche de la reprise du championnat, les entraînements deviennent de plus en plus intenses, et parfois il est difficile de suivre le rythme. Sakina et Elisa sont devenues mes meilleures amies, celles avec qui je parle le plus, étant assez timide, car ce sont elles qui m'ont le plus intégrée. Les autres me parlent surtout pendant les entraînements, mais en dehors du campus, je ne sors pas vraiment avec elles, sauf lors des sorties d'équipe.

En parlant de sorties entre copines, c'est avec Elisa que je sors le plus souvent. J'ai eu d'autres interviews, seule ou avec Elisa, et à chaque fois, elle était là. Nous allions presque toujours au restaurant ensemble. Au campus, le midi, nous mangeons tout le temps côte à côte, et parfois en face. Il y a quelque chose chez elle d'inexplicable. Sa présence à mes côtés devient essentielle pour prendre mes nouveaux repères. Elle est pleine de tendresse et d'énergie positive. En effet, nous sortons souvent manger, mais dernièrement, nous sommes aussi allées voir des matchs de foot, faire du shopping, etc.

Mon esprit pense tout le temps à elle. J'ai l'impression d'être perdue dans ce nouveau cadre. Je ne saurais pas dire pourquoi ni comment, mais c'est une sensation étrange. Mais cela ne doit pas être grand-chose, c'est sûrement le fait que je ne me suis pas encore complètement adaptée, et qu'elle est la personne avec qui je suis la plus proche. Ça ne fait aucun doute.

Elisa

Elisa

Elisa

Elisa

« Laisse-moi dormir !!! On a un entraînement intensif demain !!! »

Mon téléphone sonne.

elisa 22h39
je passe te prendre demain ?

22h39 Moi
si tu en as envie 😙
Vu à 22h40

elisa 22h40
demain à 14h45, bisou dort bien 😌

Il faut croire que le message était ce qu'il me fallait, car je réussis à m'endormir quelques minutes après.

Le lendemain, mon réveil sonna à 10 h. Je l'éteignis et bâillai en m'étirant. Je sortis de mon lit pour ouvrir le volet, et il faisait grand soleil. Suite à cela, mon humeur passa à 10/10. Je m'habillai en conséquence, tout en me souvenant que j'avais entraînement l'après-midi. J'ouvris toutes mes fenêtres pour laisser l'air frais entrer dans mon appartement, puis je commençai le ménage en profondeur : poussières, aspirateur, serpillière et rangement. Vers 13 h, j'avais tout fini et j'étais plutôt satisfaite. Après cela, je me préparai à manger. Rien de plus simple qu'une salade avec des pâtes, du jambon, du fromage et quelques crudités comme des tomates. Je me régalai et, avec le ventre plein, j'étais prête à affronter un entraînement sans risque d'évanouissement. Il était 14 h, et je débarrassai la table, allumai la télé et préparai mon sac en même temps que je regardais.

À 14 h 43, on frappa à ma porte. Pensant que c'était Elisa, je m'empressai d'aller ouvrir.
— Je suis prête Elisa... Bonjour, vous êtes ?
— C'est toi la nouvelle du PSG ?
C'était un homme dans la vingtaine, plus grand que moi, et il avait l'air énervé.
— Euh... qui êtes-vous ?
— Oh, réponds ! C'est moi qui pose les questions ici, dit-il en m'empoignant le bras et en le serrant très fort.
— Aïe, mais lâchez-moi, monsieur !
— Rh... Rh... un bruit de gorge se fit entendre. Il se retourna et croisa le regard d'Elisa.
— Tu l'as laissée où, sinon j'appelle la police, menaça Elisa.
Le mec me lâcha aussitôt et partit. Quand il s'éloigna, Elisa s'approcha de moi, prit mon bras et regarda : j'avais une marque rouge.
— Il t'a fait mal ? me demanda-t-elle.
— Un peu, mais ça va, t'en fais pas, c'est juste un taré comme un autre.
— Ouais, bon, prends ton sac, on y va.

Dans la voiture, je parlais à ma mère sur mon téléphone quand Elisa brisa le silence.
— Victoire.
— Hm hm.
— Si il revient, préviens-moi.
— Mais pourquoi reviendrait-il ? demandai-je perplexe.
— Les gars comme lui n'acceptent pas le football féminin. Ils sont prêts à tout, crois-moi.
— Comment tu peux savoir ça ?
Un silence s'installa avant qu'elle ne reprenne.
— Ça m'est déjà arrivé. Mais j'ai su faire ce qu'il fallait, et ça a marché, d'autant plus que les gens pensent souvent que je suis une personne trans ou un homme, donc les attaques sont rares. Mais toi...
— Je comprends, désolée.
— Ce n'est pas grave. On est arrivées.

Nous descendîmes de la voiture et allâmes au vestiaire, puis sur le terrain. Le coach nous expliqua le programme :

• Tours de terrain
• Échauffement
• Parcours physique
• Match

Lors des tours de terrain, j'étais à côté d'Elisa et je discutais avec elle et Sakina, c'était assez sympa. Ensuite, nous nous sommes échauffées avec des ballons, nous nous faisions des passes et Elisa faisait exprès de me tirer dessus fort. C'était marrant. Puis, nous avons fait un parcours avec des sauts, des échelles, du slalom, etc. À 17 h, le match commença. Les équipes furent formées et, malheureusement, je n'étais pas avec Elisa.

Le match débuta calmement. Lorsque nous réussîmes à prendre la balle, je courus vers le but. On me fit la passe, et je me retrouvai face à Elisa, qui devait défendre contre moi. Nous engagâmes un duel. Elisa força pour récupérer la balle. Je dribblais avec agilité, déterminée à prouver ma valeur. Dans une tentative pour intercepter le ballon, Elisa s'élança et réussit, mais le contact entre nous était inévitable. Elle me bloqua avec son corps, nos pieds s'entremêlant, et nous tombâmes lourdement au sol, l'une sur l'autre.

Nos corps étaient enchevêtrés, et pendant un bref instant, nous nous regardâmes dans les yeux, le souffle court, nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Je sentis la chaleur de son corps contre le mien, et une tension palpable s'installa entre nous. Nos coéquipières, voyant la chute, accoururent pour nous aider à nous relever. Elisa et moi nous séparâmes rapidement, chacune un peu troublée par l'intimité soudaine de l'instant. Elisa me tendit la main pour m'aider à me relever, ses yeux cherchant les miens.
— Désolée, je ne voulais pas te faire tomber, murmura Elisa, son ton sincère mais teinté de gêne.
Je pris sa main et me relevai, évitant son regard.
— Ce n'est rien, ça fait partie du jeu, répondis-je en essayant de cacher mon propre malaise.

Pour le reste de l'entraînement, une certaine distance s'installa entre nous. J'étais perturbée par ce contact inattendu qui avait éveillé des sentiments que j'essayais de comprendre. Nos regards furtifs évitaient de se croiser, comme si nous avions peur de dévoiler trop de nos émotions. Ce moment de proximité physique avait mis en lumière les non-dits et les incertitudes de notre relation naissante, du moins de mon point de vue.

J'attendis Elisa sur le parking pour qu'elle me ramène. Nous ne nous adressâmes pas la parole, et le trajet se déroula à nouveau dans le silence. Une fois arrivées chez moi, je m'apprêtais à sortir de la voiture quand elle me dit :
— Fais attention, me demanda-t-elle.
— T'inquiètes, répondis-je en fermant la portière.

PASSION DANS NOTRE PASSION [CORRIGÉ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant