Chapter 49

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Héli 

Je pose l'ordinateur à côté de moi et regarde le plafond.

Je suis là, cloué dans cette chambre d'hôpital qui pue la javel et le désinfectant.

Mes muscles sont engourdis, mes nerfs à vif. J'ai l'impression que chaque souffle me déchire les poumons, mais ça n'a rien à voir avec la rage qui m'envahit.

La douleur physique n'est qu'une distraction, un bruit de fond dans un monde où je suis en guerre contre ceux qui m'ont trahi, ceux qui m'ont réduit à cette faiblesse.

Mon père...

Mon oncle...

Ces deux putains de salauds, ceux sont eux qui m'ont foutu dans cet état ! A leurs yeux j'étais un véritable pion que mon père déplaçait à sa guise sur un échiquier, pour son propre plaisir.

Je le vois encore avec Michel, leurs visages pleins de suffisance, leurs sourires hypocrites, leurs promesses vides. Ils m'ont manipulé, piétiné.

Et maintenant, ça va être à mon tour ! 

Je les hais ! Quand je pense à mon père, cet enfoiré qui se croit supérieur à tout le monde... quand je pense à mon oncle, ce salaud arrogant qui a joué au roi sans se rendre compte qu'il creusait sa propre tombe ...

Je les imagine suffoquer, entendre leurs hurlements quand ils comprendront que tout ce qu'ils ont construit, tout ce qu'ils ont fait, tout ça ! C'est moi qui vais le faire tomber.

Moi, le fils qu'ils ont cru briser.

Je roule sur le côté, la douleur m'envahit, mais peu importe. Ce qui brûle, ce n'est pas mon corps, c'est ma rage.

Je ne vais pas simplement les tuer. Non ...

Je vais les détruire.

Je vais les réduire en miettes, les écraser, les écraser jusqu'à qu'il ne reste plus que des souvenirs, des morceaux éparpillés.

Je regarde la chambre d'hôpital et mes yeux se posent sur l'ordinateur posé sur la table. C'est là que tout commence.

Le courriel ...

Je vais l'envoyer à Capucine.

Capucine, celle qui n'a jamais hésité à suivre la voie du sang, celle qui m'a aidé à Paris même si je sais que cette crétine avait glissé un gilet par balle à mon oncle lorsque je lui tirais dessus. Mais malgré ça, c'est une personne formée, formée pour tuer. Elle connait le goût de la vengeance, elle l'a déjà goûté autrefois.

Je me force à tourner le dos à la douleur et à saisir le clavier. Mes doigts tapent le code.

C'est simple.

Il n'y a pas besoin de fioritures dans ce que je vais lui écrire.

« Je veux qu'ils souffrent »

Et c'est envoyé.

C'est tout.

Pas d'explication.

Elle viendra.

Elle connaît mon venin.

Elle connaît ma rage.

Elle sait que je ne pardonne pas.

Capucine, c'est la seule qui puisse comprendre.

Jenny, j'aimerais lui dire, mais pour sa sécurité, impossible. J'espère qu'elle me pardonnera.

Je me redresse dans mon lit, mes bandages me brûlent, mais rien à foutre.

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