Chapter 51

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Heli





Cela fait plus d'une semaine que j'ai ouvert les yeux.

Plus d'une semaine que je respire à nouveau sans assistance.

Plus d'une semaine que je mens au monde entier.

A part Capucine...et Adrien, se sont les seuls à avoir croisé mon regard dans le silence et à n'avoir rien dit.


Je reste allongé, encore branché à des machines qui bipent en boucle comme si elles surveillaient un mort-vivant. Adrien me donne souvent des nouvelles de Jenny, elle lui pose des questions sur mon état, elle aimerait venir me voir et me caresser en pensant que je suis ailleurs. Mais je suis là. Bien là. Et pourtant...si loin.

Adrien à du inventer une excuse bidon à Jenny pour que celle ci ne vienne pas me revoir, car cela "aiderais le rétablissement" un sourire se dessine sur mes lèvres en y repensant.

Je regarde le plafond les bras croisé derrière la tête. Je ne dis rien. Je ne bouge pas. Je calcul.

Parce que...je ne suis pas revenu pour vivre. Je suis revenu pour faire tomber l'empire de l'homme qui m'a tout volé.

Il est en prison, ouais. Mais ses mains sont encore dehors. Ses entreprises, ses associés, ses pions...tous bien en place.

Et moi ? Je suis censé rester allonger ici pendant trois semaines ? Laisse moi rire.

Aujourd'hui je me casse de cette hôpital.

Rien à foutre de mes blessures, rien à foutre de ce qu'Adrien va dire, rien à foutre de mon état de santé.

Je me lève sans un bruit, les draps blancs de l'hôpital collés a ma peau encore moite de sueur. Le silence est oppressant, trop propre. J'ai l'impression d'étouffer. Je débranche la perfusion lentement, puis j'avance jusqu'à la salle de bain, les jambes encore lourdes mais décidées.

Lorsque je me regarde dans le miroir je serre les poings en et rigole nerveusement :

- Une putain de momie, soufflé-je

Je respire profondément et arrache mes premiers bandages autour de ma mâchoire.

La douleur est là, sourde, mais je l'ignore. Le tissu tombe au sol, mon reflet me fixe enfin.

Le coin de ma lèvre est fendu.  Une cicatrice épaisse la traverse de biais, remonte jusqu'à ma pommette gauche. Elle me défigure, mais étrangement... elle me définit. Elle est le souvenir que je suis revenu de l'enfer et que je compte bien y renvoyer ceux qui m'y ont laissé.

Je relève lentement le pensement au-dessus de mon œil droit. En dessous, une ligne sombre, nette, traverse ma paupière et descend jusqu'à ma joue. La cicatrice longe la courbe de mon orbite, rasant mon iris. Elle est fine, mais impossible à ignorer, comme une signature laissé par quelqu'un qui voulait me marquer à vie. Elle ne m'a pas pris la vue, juste un morceau de ma tranquillité. 

Je retire le bandage de mon torse d'un geste lent, presque cérémoniel.

Une balafre impressionnante me traverse la poitrine de l'épaule droit à la hanche gauche, comme ci un monstre avait voulu m'ouvrir en deux. Le muscle est encore sensible, mais le sang a cessé de couler. Sur mes côtés, des traces de morsures, elles me rappellent chaque seconde de douleur lorsque ces chiens de merde essayaient de me bouffer.

Je serre les poings, ma respiration devient plus sèche.

Sous les bandages de mes bas, je découvre  d'autres marques. Griffures, entailles, cicatrices refermées trop vite.

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